Le mot Miroir qui commence le titre, se rapporte à l’image proprement dite, telle qu’elle se présente à notre regard interrogateur, selon le sens littéral du récit qu’il est nécessaire de saisir dans un premier temps. Mais ce sens se prolonge, d’abord par la lecture de l’image médiévale dans sa structure qui répond à des codes précis et sacrés, que l’on retrouve forcément dans les fresques qui ornaient les catacombes et encore nos vieilles églises, les enluminures des manuscrits les plus anciens, et toute la statuaire jusqu’à la fin de l’époque gothique. Ensuite, dès cette première connaissance acquise, apparaît le sens symbolique que l’on découvre, à la fois dans chaque image séparément et dans l’ensemble du programme iconographique d’une verrière, selon le thème qui lui a été défini. C’est ce sens, déjà supérieur par rapport au premier, qui permet, en plus d’une interprétation des textes, une compréhension plus intime, plus profonde et plus universelle des verrières dites “typologiques”, dont les plus belles synthèses ont été produites, en particulier, sur la Vie de la Vierge et la Vie de Jésus.
Enfin, après un long parcours, apparaît la Lumière qui se lève dans notre conscience, comme le Soleil se lève à l’Orient. Non pas la lumière dont on parle de nos jours, produite essentiellement par la transparence et le jeu des couleurs chatoyantes, mais de la Grande Lumière. Car celle dont il s’agit, jusqu’à la fin du XIIIe siècle, est celle de la Théologie.

vitrail noe
René Champs, vitrail Noé

Faire entrer la Lumière dans le Temple Chrétien à cette époque, encore empreinte d’une pensée métaphysique et mystique, était faire entrer de manière vibrante, la Lumière des Écritures, le discours de Dieu.
L’auteur explique ainsi, pour chacun d’entre nous, comment passer du Miroir à la Lumière. Le Miroir, c’est l’image ; comprendre l’Image, c’est devenir l’image elle-même, c’est notre Ame qui devient alors le Miroir capable de recevoir la Lumière.
Ainsi, à l’infini, va l’imagier…

La Lumière dans le Miroir, par R. Champs, préface de Jacques d'Arès, 556 p. noir et coul., couv. illustrée en couleurs, 31 cm. Editions Traditionnelles, 68 €