Maître Eckhart
Par CEAPT Symbole copyright, mercredi 3 janvier 2007 à 10:09 - Etudes - #32 - rss
«Ave gratia plena»
Sermon 22
Principal représentant de la mystique rhénane, le maître thuringien (1260-1328) demeure l’une des lumières de la pensée médiévale. Dominicain, maître en théologie de l’université de Paris en 1302, Maître Eckhart est l’auteur d’une œuvre latine dans l’esprit des grandes sommes scolastiques de son temps.
Mais c’est essentiellement son œuvre de prédicateur et de directeur spirituel, qu’il exerça entre Strasbourg et Cologne auprès de nombreuses communautés religieuses — dont beaucoup de béguines —, qui nous laisse l’image la plus imposante du vaste édifice spirituel qu’il bâtit à l’orée des temps modernes. Prononcés en allemand — langue vulgaire et chose hardie pour l’époque ! —, ces dizaines de sermons lui vaudront en 1329 la condamnation posthume de dix sept de ses “propositions” par le pape Jean XXII. Ce sermon 22, vraisemblablement prononcé au couvent cistercien de Mariengarten de Cologne, constitue une pierre d’angle de son œuvre, tant par son extrême densité que par sa synthèse magistrale de plusieurs thèmes structurants de sa pensée, comme les notions de «Déité», du «Néant» ou encore de l’âme créée par Dieu pour être la « Fiancée » de son Fils unique. Toutes notions qui seront reprises et développées à la génération suivante par les mystiques flamands qui — tels Johannes Tauler, Ruysbroeck ou Geert Grote, à l’origine de la Devotio moderna — auront à cœur de renouer avec un christianisme originel et de profonde intensité.
Jean Gouliard

« In principio, cela signifie en français un point de départ de tout être, comme je l’ai dit à l’Ecole ; je dis encore plus : c’est une fin de tout être, car le premier commencement est en vue de la fin ultime »
Je dis : si Marie n’avait pas conçu Dieu d’abord spirituellement, il ne serait jamais né d’elle de façon corporelle. Une femme dit à Notre Seigneur : «Bienheureux le corps qui t’a porté.» Alors Notre Seigneur dit : n’est pas seulement bienheureux le corps qui m’a porté ; «bienheureux sont ceux qui entendent la Parole de Dieu et la gardent». Il est plus précieux à Dieu qu’il soit né spirituellement de toute vierge, de chaque âme bonne, plutôt que d’être né corporellement de Marie. Il faut entendre par là que nous sommes un Fils unique que le Père a éternellement engendré. Lorsque le Père engendra toutes les créatures, alors il m’engendra, et je sortis de lui avec toutes les créatures et je demeurai pourtant intérieurement dans le Père. De la même manière que la parole que je dis maintenant jaillit en moi, ensuite je me repose sur cette image, en troisième lieu je l’exprime à l’extérieur et vous la recevez tous ; cependant elle demeure véritablement en moi. C’est ainsi que je suis demeuré dans le Père.
Dans le Père sont les images de toutes les créatures. Ce bois-ci a une image intellectuelle en Dieu. Elle n’est pas seulement intellectuelle, elle est intellect pur. Le plus grand bien que Dieu accorda jamais à l’homme, c’est qu’il se fit homme. Ici je raconterai une histoire qui convient bien ici (1). Il y avait un homme riche et une femme riche. Un accident arriva à la femme qui fit qu’elle perdit un œil ; elle en fut fort affligée. Alors l’homme vint à elle et dit : «Dame, pourquoi êtes-vous si affligée ? Vous ne devez pas vous affliger d’avoir perdu un œil.» Alors elle dit : «Seigneur, je ne m’afflige pas de ce que j’ai perdu un œil ; je m’afflige de ce qu’il me semble que vous m’en aimerez moins.» Alors il dit : «Dame, je vous aime.» Peu de temps après, il s’arracha lui-même un œil et vint trouver la femme et dit : «Dame, pour que vous croyiez que je vous aime, je me suis fait égal à vous ; moi aussi je n’ai plus qu’un œil.» Ainsi de l’homme ; il pouvait à peine croire que Dieu l’aimait tant jusqu’au jour où Dieu « s’arracha lui-même un œil » et assumât la nature humaine. C’est-à-dire qu’Il: «s’est fait chair». Notre Dame dit : «Comment cela adviendra-t-il ?» Alors l’ange dit : «Le Saint Esprit descendra en toi d’en haut», du trône le plus élevé du Père de la lumière éternelle.
In principio.(2) «Un enfant nous est né, un fils nous a été donné», un enfant selon l’infériorité de la nature humaine, un Fils selon la Déité éternelle. Les maîtres disent : Toutes les créatures opèrent dans la volonté d’enfanter, dans la volonté de s’égaler au Père. Un autre maître dit : toute cause opérante opère en vue de sa fin, pour trouver sa paix et son repos dans sa fin. Un autre, enfin : toutes les créatures opèrent selon leur pureté première et selon leur perfection la plus haute. Le feu en tant que feu n’embrase pas : il est si pur et si subtil qu’il n’embrase pas ; bien plutôt : la nature du feu enflamme et déverse dans le bois sec sa nature et sa clarté selon sa perfection la plus haute. C’est ainsi que Dieu a procédé. Il a créé l’âme conformément à sa perfection la plus haute et a déversé en elle toute sa clarté dans sa première pureté, et il est cependant demeuré sans mélange.
Annonciation, Fra Angelico. "Ave gratia plena"
Alors l’ange dit : « Le Saint Esprit descendra en toi d’En Haut, du trône le plus élevé, du Père de la Lumière éternelle…».
J’ai dit récemment en un lieu : lorsque Dieu créa toutes les créatures, Dieu n’aurait-il pas auparavant engendré quelque chose qui fût incréé, qui porte en soi les images de toutes les créatures ? — c’est l’étincelle, comme j’ai dit naguère au [monastère] des Saints-Macchabées (3), à supposer que vous n’ayez pas été là en vain —, cette petite étincelle est si apparentée à Dieu qu’elle est un unique sans différence et qu’elle porte en soi l’image de toutes les créatures, images sans images et images par-delà les images.
Une question fut posée hier à l’Ecole(4) entre de grands clercs. «Je m’émerveille, dis-je, que l’Ecriture soit dotée d’une telle plénitude que personne ne puisse aller au fond de la moindre de ses paroles». Et si vous me demandez, du fait que je suis un Fils unique que le Père céleste a éternellement engendré, si j’ai été éternellement Fils en Dieu, je réponds oui et non. Oui, un Fils selon que le Père m’a éternellement engendré, non pas Fils du fait que je n’étais pas engendré. (5)
In principio. Par là il nous est permis de comprendre que nous sommes un Fils unique que le Père a éternellement engendré dans la ténèbre cachée de l’éternelle impénétrabilité, demeurant intérieurement dans le principe premier de la pureté première qui est une plénitude de toute pureté. Là j’ai éternellement reposé et sommeillé dans la connaissance cachée du Père éternel, demeurant intérieurement inexprimé. Dans cette pureté il m’a éternellement engendré comme son Fils unique dans la même image de son éternelle paternité, afin que je sois père et engendre celui dont je suis engendré. De la même manière que si quelqu’un se tenait devant une haute montagne et criait : «Es-tu là ?», l’écho et la résonance lui répliqueraient : «Es-tu là ?». S’il disait : «Sors !», l’écho lui répondrait aussi : «Sors !». Oui, pour celui qui dans cette lumière verrait un morceau de bois, celui-ci deviendrait un ange doué d’intellect, et non seulement doué d’intellect, il deviendrait un intellect pur dans la pureté première qui est une plénitude de toute pureté. Ainsi fait Dieu : il engendre son Fils unique dans la partie la plus élevée de l’âme. En même temps qu’il engendre son Fils unique en moi, je l’engendre à mon tour dans le Père. Il n’en fut pas autrement lorsque Dieu engendra l’ange alors que lui-même naquit de la Vierge.
Cette pensée m’est venue voici quelques années : si on me demandait pourquoi chaque brin d’herbe est si différent de l’autre ? Et il arriva que l’on me demanda pourquoi ils étaient si différents. Je dis alors : il est encore plus étonnant que les brins d’herbe soient si semblables. Un maître, alors, dit : Que tous les brins d’herbe soient si différents, cela provient de la surabondance de la bonté divine se répand avec surabondance dans toutes les créatures afin que sa munificence s’en trouve d’autant plus révélée. Je dis alors : Il est plus étonnant que tous les brins d’herbe soient si semblables. De même que tous les anges sont un seul ange dans la pureté première, ainsi tous les brins d’herbe sont un dans la pureté première, et là toutes choses sont Un.
J’ai pensé parfois, tandis que je venais ici : comment l’homme, dans le temps, peut-il en venir à pouvoir contraindre Dieu. Si j’étais ici en haut et que je dise à quelqu’un : «Monte !», cela lui serait difficile. Mais si je disais plutôt : «Assieds-toi ici, en bas !», cela serait facile. Ainsi fait Dieu. Lorsque l’homme s’humilie, Dieu, dans la bonté qui lui est propre ne peut s’empêcher de s’abaisser et de se répandre dans l’homme humble, et à celui qui est le plus petit qu’il se donne le plus et se donne à lui pleinement. Ce que Dieu donne, c’est son être, et son être est sa bonté, et sa bonté est son amour. Toute souffrance et toute joie viennent de l’amour. J’ai pensé en chemin, lorsque je devais venir ici, je pensais que je ne voulais pas venir ici : l’amour rendrait mes yeux humides. Quand avez-vous été inondés [de larmes] par amour – nous laisserons la question en suspens. Joie et peine viennent de l’amour. L’homme ne doit pas craindre Dieu, car celui qui le craint, celui-là le fuit. Cette crainte est une crainte dommageable. Mais c’est une juste crainte quand on craint de perdre Dieu. L’homme ne doit pas le craindre mais l’aimer, car Dieu aime l’homme avec sa plus sublime perfection. Les maîtres disent que toutes choses agissent avec l’intention d’engendrer, elles veulent ressembler au Père, et ils disent aussi : la terre fuit le ciel ; si elle fuit vers le bas, elle arrivera en bas vers le ciel ; fuit-elle vers le haut, elle parvient à la partie la plus basse du ciel. La terre ne peut pas fuir assez bas pour que le ciel ne se déverse pas en elle, n’imprime en elle sa puissance et la rende féconde, qu’elle en ait joie ou peine. Ainsi fait l’homme qui s’imagine fuir Dieu et ne peut pourtant pas le fuir ; en tous lieux il se manifeste. Il s’imagine fuir Dieu et court en son sein. Dieu engendre en toi son Fils unique, que ceci te soit agrément ou souffrance, que tu dormes ou que tu veilles, il accomplit ce qui lui est propre. Je disais récemment pour quelle cause l’homme ne le ressent pas. La cause en est que sa langue est engluée par une autre souillure, c’est-à-dire les créatures, de même que chez un homme pour qui toute nourriture est amère et qui n’y trouve pas de goût. Qu’est-ce qui fait qu’un mets n’a pas de goût pour nous ?. La faute en est à l’absence de sel. Le sel est l’amour divin. Si nous avions l’amour divin, Dieu et toutes les œuvres que Dieu a jamais accomplies auraient du goût pour nous et nous recevrions de Dieu toutes choses et nous opérerions les mêmes œuvres que Dieu opère. Dans cette similitude nous sommes tous un seul Fils.
Lorsque Dieu créa l’âme, il la créa selon sa plus haute perfection, pour qu’elle soit une fiancée du Fils unique. (6) Comme celui-ci le savait bien, il voulut sortir de sa secrète chambre au trésor de l’éternelle Paternité dans laquelle il a éternellement sommeillé, demeurant intérieurement inexprimé. In principio. Dans le premier commencement de la pureté première, le Fils a ouvert la tente de sa gloire éternelle, et il est sorti de la hauteur suprême afin d’élever son amie, à qui le Père l’avait uni de toute éternité, pour la ramener à la hauteur suprême d’où elle est venue. Et il est écrit ailleurs : «Vois ! ton roi vient à toi.» C’est pourquoi il est sorti en bondissant comme un faon et souffrit sa Passion par amour ; et il n’est pas sorti sans vouloir rentrer dans sa chambre avec sa fiancée. Cette chambre est bien la ténèbre silencieuse de la Paternité cachée. Quand il sortit du Très-Haut, il voulut y rentrer à nouveau avec sa fiancée dans la suprême pureté et lui révéler l’intimité cachée de sa Déité cachée où il repose avec lui-même et avec toutes les créatures.
In principio, c’est-à-dire un commencement de tout être, comme je l’ai dit à l’Ecole ; j’ai dit encore plus : c’est une fin de tout être car le premier commencement est en vue de la fin ultime. Oui, Dieu lui-même ne repose pas là où il est le premier commencement. Il repose là où il est une fin et un repos de tout être, non pas que cet être soit anéanti ; bien plutôt : il est accompli là dans sa fin ultime selon sa perfection la plus haute.
Qu’est-ce que la fin ultime ? C’est la ténèbre cachée de la Déité éternelle, et ceci est inconnu, ne fut jamais connu, ne sera jamais connu. Dieu demeure là en lui-même inconnu, et la lumière du Père éternel a lui là éternellement, mais les ténèbres ne saisissent pas la lumière. Que la vérité dont j’ai parlé nous aide à parvenir à cette vérité.
Amen.

Le béguinage de Bruges, fondé en 1245 par Marguerite de Constantinople, comtesse de Flandres. Une certaine communauté de pensée entre la prédication strasbourgeoise du théologien thuringien, en langue profane, et la spiritualité de certaines béguines sont à la source de la condamnation en 1329, un an après sa mort, de dix-sept de ses propositions.
(1) Cette histoire, qui insuffle dans le sermon un air de poésie courtoise assez inattendu et témoigne de la grande érudition d’Eckhart, est inspirée d’un ouvrage d’Herrand de Wildonie, qui vécut au siècle passé. Ici, le rôle des personnages est inversé car dans l’original, c’est la femme qui se mutile pour prouver son amour à son chevalier. L’allégorie renvoit au Christ et à l’âme. Nicolas de Cues reprendra l’image dans un de ses sermons.
(2) In principio. Ici nous est donné à entendre que nous sommes ce Fils unique que le Père a éternellement engendré hors de la ténèbre cachée de l’être-caché.
(3) Le Mariengarten, couvent cistercien de Cologne.
(4) Cette allusion à l’École fait souvent référence à la Sorbonne, comme c’est d’ailleurs le cas dans les sermons 13 et 14 qui ont vraisemblablement été eux aussi prononcés dans ce même couvent, puis retranscrits par un auditeur. Pratique courante pour l’ensemble de son œuvre de prédication, cette méthode explique les approximations de certains extraits qui serviront à nourrir son procès en hérésie intenté par les inquisiteurs avignonnais.
(5) Après le «non», voici le «oui» qui est au centre de l’œuvre d’Eckhart et qu’il n’a peut-être jamais aussi bien mis en lumière que dans ce sermon. Dieu «engendre son Fils unique dans la partie la plus élevée de l’âme. En même temps qu’il engendre son Fils unique en moi, je l’engendre à mon tour dans le Père». L’écho qui répond en termes identiques symbolise cette réciprocité en laquelle s’effectue l’identité du distinct. Un renvoi conscient à saint Thomas d’Aquin qui écrivait dans un commentaire d’Aristote : «En ce qui concerne les intelligibles en acte, la pensée et ce qu’elle pense sont identiques».
(6) Dieu a créé l’âme pour qu’elle soit la fiancée de son Fils unique. Cette comparaison évoque le Cantique des cantiques et renvoit également à l’allégorie courtoise du début du sermon. Il se peut aussi que ce rapprochement lui soit aussi venu du fait de sa prédication dans un monastère de cisterciennes qui devaient être habituées aux mêmes rapprochements faits par saint Bernard dans son œuvre.
Repères biographiques
- 1260 : Naissance dans une famille thuringienne résidant près de Gotha.
- 1294 : Bachelier sententiaire à la Sorbonne. Il a pour charge d’exposer devant les étudiants de la faculté de théologie les quatre livres des Sentences de Pierre Lombard, recueil de textes patristiques composé vers 1152.
- 1294-1298 : Prieur du couvent dominicain d’Erfurt et vicaire de Thiringe. De cette période date sa première grande œuvre spirituelle, Les Instructions spirituelles.
- 1302 : Retour à Paris où il devient Maître en théologie et prend la chaire réservée aux dominicains non français. De ce premier magistère naîtront les Questions parisiennes.
- 1303 : Élu provincial de la province dominicaine de Saxonia.
- 1310-1313 : Retour à la Sorbonne où il reprend ses cours. La béguine du Hainaut, Marguerite Porète, est brûlée en place de Grève avec son ouvrage Le Miroir des simples âmes, peu de temps après l’exécution des 54 templiers, ordonnée par Philippe-le Bel.
- 1313-1324 : Prédication à Strasbourg en langue allemande. Rédaction de Du Détachement.
- 1317 : Promulgation des canons du concile de Vienne (1311-1312) condamnant certaines dérives du mouvement béguinal, alors en pleine expansion.
- 1324 : Installation à Cologne.
- 1326 : L’archevêque de Cologne, Henri de Virnebourg, ouvre contre Maître Eckhart un procès d’inquisition, ce qui ne laisse pas de surprendre ses contemporains, du fait de son double statut de Maître en théologie et de dominicain… Persécution des communautés de béguines. Eckhart se rend en Avignon pour présenter sa défense.
- 1328 : Décès, probablement en avril, non sans avoir confessé sa foi catholique et révoqué par avance tout ce qu’il aurait pu dire d’erroné.
- 1329 : Fulmination en mars de la bulle In agro dominico (« Dans le champs du Seigneur ») par le pape Jean XXII qui condamne au total ving-huit propositions (dix-sept comme « hérétiques » et onze autres comme « malsonnantes » « téméraires » et « suspectes ». La bulle n’a été promulguée que dans le diocèse de Cologne, là où le Maître avait enseigné et auprès d’un public laïc.
Maître Eckhart : dits et légendes
Les éditions Payot viennent d’éditer sous le titre Aphorismes et légendes un ensemble de “fragments” eckhartiens, jusqu’alors épars dans divers manuscrits ou devenus introuvables. Le livre reprend en fait un certain nombres de “dits” de Maître Eckhart, souvent appris par cœur par ses auditeurs, tandis que les légendes se rapportent à «ce qu’on a dit de Maître Eckhart». Traduits, présentés et annotés par Wolfgang Wackernagel, ces aphorismes et légendes reprennent pour partie les compilations réalisées au milieu du XIXe siècle par Franz Pfeiffer. On y retouve les thèmes majeurs d’Eckhart comme la naissance de Dieu dans l’âme ou l’importance de la «joie» spirituelle. «Tous ces aphorismes ne sont peut-être pas authentiques, mais la plupart le sont et certains apportent des éclairages nouveaux par rapport au reste de l’œuvre Eckhartienne» souligne W. Wackernagel dans sa préface.
Maître Eckhart, Aphorismes et légendes, Traduits du moyen-haut allemand, présenté et annoté par Wolfgang Wackernagel, Rivages poche-Petite Bibliothèque Payot, 2006, 116 p., 6,50 euros

“Le Sage Maître Eckhart
veut nous parler du néant ;
Qui ne comprend pas cela,
Peut s’en plaindre à Dieu ;
En lui n’a pas brillé
La lumière divine !”

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