S’agissant de la prédiction des événements mondiaux, les premiers astrologues interprètent avant tout les éclipses. Par la suite, ce sont les cycles planétaires (notamment les cycles de Saturne ou des conjonctions Jupiter-Saturne) qui constituent la base des prévisions en astrologie mondiale. C’est en utilisant de tels cycles que le cardinal d’Ailly annonce plus de 350 ans à l’avance le grand changement de la Révolution française.

Les astronomes ont découvert depuis la fin du XVIIIe siècle, coup sur coup, de nouveaux corps célestes : Uranus en 1781, Neptune en 1846 et Pluton(1) en 1930. Les cycles de ces nouvelles planètes aident les astrologues à comprendre l’histoire des XIXe et XXe siècle. Par exemple, il est impossible de parler de l’année 2007 sans la situer dans un contexte plus large.
En effet, deux cycles astrologiques d’extrême importance ont débuté au cours des cinquante dernières années. Il s’agit des cycles Uranus-Pluton (1965) et Uranus-Neptune (1993). Ce dernier cycle se renouvelle tous les 170 ans environ et ses phases ont rythmé le développement de la société industrielle en Europe et aux Etats-Unis entre 1821 et 1993. Ce cycle rythme maintenant l’évolution de ce que certains chercheurs contemporains appellent déjà la « société de l’information ». Mais le cycle qui va davantage nous retenir est le cycle Uranus-Pluton. Le climat des années 2009-2010 a un rapport très direct avec ce qui est en germe depuis 1965. Aussi est-il essentiel de réaliser ce qu’a été le tournant de 1965 comme de voir les événements qui se sont déroulés les années où la “signature” d’Uranus et de Pluton était forte, en raison des interférences de Jupiter ou de Saturne.

zodiaque
"Dans l’unité du cosmos, ce qui est en bas est à l’image de ce qui est en haut"


Le cycle Uranus-Pluton de la mondialisation

1965 est l’aboutissement d’un cycle qui a commencé en 1850 et le début d’un cycle qui devrait aller jusqu’en 2104. Pendant la phase croissante du cycle précédent (1850-1901) l’Europe connaît une période de grande expansion économique. Comme elle a peu d’espace et qu’elle a une population nombreuse, elle connaît une forte émigration, les Européens essaimant aux quatre coins de la planète et exportant l’économie de marché. Si la phase croissante du cycle correspond en quelque sorte à la «colonisation» de la planète par les Européens, la phase décroissante (1901-1965) voit se produire un mouvement de reflux avec la décolonisation. Le cycle qui débute en 1965 signe, quant à lui, les débuts de la “mondialisation” — c’est d’ailleurs à cette période que le terme est employé pour la première fois dans un ouvrage spécialisé(2). Autant l’Occident s’est affirmé sous le précédent cycle Uranus-Pluton, autant depuis 1965 ce sont les pays d’Orient qui se mettent en valeur. La Chine établit des liens avec l’Occident. Le Japon étonne par sa réussite économique (sa croissance est de 10 % par an à cette période). C’est également en Asie le début de la réussite des quatre «dragons» (Taïwan, Singapour, Corée du Sud, Hong-Kong). Fait significatif de ce nouveau rôle de pays non- occidentaux, l’ONU décide en 1965 de l’élargissement du conseil de sécurité qui passe de 5 à 15 membres. Certes, les cinq membres fondateurs disposent en permanence du droit de veto, mais maintenant les principales décisions se prennent à 15, à la majorité des 2/3.

La “mondialisation” est d’abord vécue au quotidien. Les foyers s’équipent de télévisions et l’avion devient, à partir des années 1960, un moyen de transport plus abordable et de plus en plus utilisé. Grâce aux nombreux progrès apportés par la science et la technique, les habitants de la planète terre deviennent plus proches les uns des autres. Le sociologue Mac Luhan souligne à juste titre que l’humanité est en train de devenir un immense village. De fait, grâce à la télévision, on est informé quasi instantanément de ce qui se passe à l’autre bout de la planète. Lorsque Jupiter interfère avec Uranus et Pluton (en 1968/69) la conquête spatiale franchit une étape majeure. Des centaines de millions d’humains vivent un grand moment quand ils voient sur leur téléviseur Neil Armstrong mettre le pied sur la Lune et prononcer la fameuse phrase restée historique : «Un petit pas pour l’homme mais un grand pas pour l’humanité». L’Homme qui depuis la Lune voit la Terre comme un point dans le ciel découvre qu’il est d’abord citoyen du monde.

Lors de la conjonction Jupiter-Uranus-Pluton de 1968, on a assisté à la révolte des étudiants dans plusieurs pays (en mai pour la France), ainsi qu’au printemps de Prague mais aussi à son écrasement. Uranus et Pluton signent non seulement les progrès scientifiques et techniques mais aussi la révolte, l’insurrection, la contestation, l’innovation, ainsi que la mise en place d’un ordre capable de venir à bout du désordre. Au fond, il s’agit avec Uranus et Pluton du rapport que nous avons avec la violence qui est en nous, sa libre expression, son «refoulement» ou sa «maîtrise». Quand ces planètes sont actives, nous nous trouvons dans des rapports de confrontation qui se traduisent bien trop souvent par des rapports de domination et de soumission. Celui qui se sent esclave veut devenir le maître. Mais celui qui est le maître veut à tout prix le rester. Au niveau du groupe, le refoulement de cette violence, comme l’a montré René Girard, a souvent tendance à se manifester à travers la réalité du «bouc émissaire».

Les interférences de Saturne avec Uranus (lié à Neptune) donnent lieu, pendant les années 1988-1993, à toute une série de regroupements : naissance de l’Union européenne (UE), de l’Accord de libre-échange Nord Américain (Alena), la création au Brésil du Marché commun du sud (Mercosul) et la naissance, à la suite de la chute du mur de Berlin, de la Communauté des Etats indépendants (CEI). C’est en quelque sorte la création de nouveaux ensembles pour faire face à la mondialisation.

Quand les interférences de Saturne se produisent avec Pluton c’est toute une série d’événements qui remettent en cause le leadership de l’Occident. Ainsi en 2001 (avec l’opposition Saturne-Pluton) : l’entrée de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), le premier forum social (PFS) de Porto Alegre, la naissance de l’Organisation de la coopération de Shanghaï (OCS) et surtout l’effondrement des «Twin Towers» le 11 septembre.

L’économique prend le pas sur la mondialisation politique

La “mondialisation” s’est d’abord manifestée sur le plan politique, à partir de 1965. La Chine, en établissant des liens diplomatiques avec la France (1964) commence à sortir de son isolement sur la scène internationale. Événement majeur en 1971 : la Chine entre au conseil de sécurité de l’ONU à la place de Taïwan. Dès lors, la communauté mondiale devient une réalité, les représentants des divers pays pouvant confronter régulièrement leurs points de vue dans la même enceinte de l’ONU. Conséquence inattendue : à partir du moment où la “mondialisation” est réalisée sur le plan politique, elle progresse à pas de géant sur le plan économique. La Chine s’ouvre à l’Occident en 1978, suivie en 1991 par l’Inde et le Brésil. En cette même année 1991, la CEI signe son entrée dans l’économie de marché. Ainsi, 40 % de la population mondiale, en moins de 15 ans, choisit le système capitaliste. C’est une révolution considérable, dont on n’a pas fini de mesurer l’importance. Du reste, René Guénon nous avait averti dès 1927 dans La crise du monde moderne, que bientôt l’économie de marché toucherait, «envahirait» pour reprendre ses propres termes, l’ensemble de la planète.

Nous assistons, impuissants, au fait que la mondialisation économique est en train de prendre le pas sur la mondialisation politique. Le pouvoir des multinationales devient effarant. Shell, la première multinationale, a un chiffre d’affaires équivalent à celui de la Belgique et dépasse le budget de la Turquie. L’ensemble des chiffres d’affaires des six premières multinationales présente un budget supérieur à celui du Japon (qui dispose pourtant du second PIB de la planète !). Les responsables politiques peuvent de moins en moins “peser” sur l’économie, à présent entre les mains des décideurs et des financiers des grandes entreprises. Une véritable « bulle financière » est en train de grossir et d’aucuns se demandent quand elle va éclater.

wermeer l'astronome
L’Astrologue, par Vermeer.
«Les lois du mouvement des astres traduisent physiquement les principes métaphysiques dont elles dépendent ; et c’est là-dessus que reposait la véritable astrologie des anciens». René Guénon, Autorité spirituelle et pouvoir temporel.


La montée de la Chine

Les Etats-Unis n’ont plus de rivaux depuis la disparition de l’URSS en 1991 et n’hésitent plus à accentuer la politique impériale déjà pratiquée depuis les années 1960. Mais leur leadership est de plus en plus contesté. La Chine, qui a l’impression d’avoir été humiliée pendant tout le cycle Uranus-Pluton précédent (1850-1965), a une revanche à prendre. Comme l’a noté Charles Ridoux dans L’Evolution géopolitique mondiale, la Chine évolue selon les phases des cycles Saturne-Uranus-Pluton. C’est dire que ce pays va jouer un rôle essentiel lors du tournant 2009-2010. On sait déjà que l’Empire du Milieu occupera le devant de la scène mondiale sur le plan sportif en 2008 avec les Jeux Olympiques et sur le plan culturel en 2010 avec l’Exposition universelle de Shanghaï. Nul doute que, pendant la phase d’expansion qui va jusqu’en 2047, ce pays progressera à pas de géant sur bien d’autres plans (économique, financier, politique, spatial, militaire, etc.). Rien que sur le plan spatial les chinois se préparent à aller bientôt sur la Lune et sur Mars.
Les Etats-Unis et la Chine alternent depuis un certain temps des moments de détente et de tension. Mais plus on se rapproche de 2009/2010, plus les occasions de tension vont se multiplier. Déjà les Etats-Unis ne supportent guère les percées commerciales de la Chine sur le marché américain, ainsi que son expansion économique en Amérique latine, dans le monde arabe et en Afrique. Ils se rendent bien compte que cette implantation chinoise cache des objectifs géopolitiques. La Chine, quant à elle, redoute l’encerclement américain, la présence américaine étant déployée en Corée, au Japon, à Okinawa, à Taiwan, aux Philippines, en Inde, au Pakistan, en Russie et en Asie centrale, sans parler de la maîtrise des mers, des airs et de l’espace. Bien qu’au plan économique les économies américaines et chinoises soient de plus en plus liées, tout les oppose au plan politique.

Qu’en est-il du Japon ? Ce pays est très lié au cycle Uranus-Pluton (l’empereur Mutsuhito qui a initié l’ère Meiji est né lors de la précédente conjonction Uranus-Pluton de 1850). Il semble au plus haut point concerné par la configuration dissonante de 2009-2010. Le Japon vit en quelque sorte sous protectorat américain depuis 1945, situation que certains responsables supportent de moins en moins. On observe par ailleurs que ce pays subit de plus en plus l’attraction de la Chine, les échanges entre les deux pays allant en s’accentuant. André Barbault envisage pour ce pays soit « une crise interne remettant en question l’édifice actuel de sa société : un séisme politique et social de magnitude élevée» ; soit avec plus de probabilité «une crise externe prenant le caractère samouraï impérialiste d’un éclatement pannipon».

Quand on sait qu’en 1965, lors de la conjonction Uranus-Pluton, les Etats-Unis et la Chine s’étaient affrontés à l’occasion de la guerre du Vietnam, la probabilité est assez forte qu’une crise ait lieu en Extrême-Orient en 2009-2010. L’affrontement n’aura sûrement pas lieu au Vietnam. Le « casus belli » peut être la Corée ou Taïwan. Le Japon sera partie prenante dans cette nécessité de trouver un nouvel équilibre dans cette zone.

cadran solaire
Cadran Strasbourg : Tempus fugit…


Le tournant de 2009/2010

2009/2010 seront de toute façon des années “tournant”. Les germes plantés dans la période 1965 vont se mettre à «bourgeonner». On va retrouver, en plus intense, “l’ambiance” de 1965.

Le cycle Uranus-Pluton signe nos liens avec l’environnement. Nous risquons de payer bientôt la note de nos négligences concernant notre non-respect de l’environnement. En 1986, à la première phase significative du cycle (l’écart de 45°), nous avons assisté à une série de catastrophes (accident nucléaire à Tchernobyl, explosion de la navette spatiale Challenger, le Rhin pollué à cause de l’incendie de l’usine chimique de Bâle…). Avons-nous pris suffisamment de mesures préventives pour que de pareilles catastrophes ne se reproduisent pas ? Si ce n’est pas le cas, nous pourrions avoir à subir les effets boomerang d’une technologie mal maîtrisée ou les effets négatifs de dérèglements climatiques que nous aurions contribué à accentuer.

Cette configuration dissonante de 2009-2010, liée au carré Uranus-Pluton, est en analogie avec la configuration de 1876. Nous nous trouverons en quelque sorte dans une situation semblable à celle des grandes puissances européennes qui, en cette année 1876, s’affrontaient en Afrique pour se partager ce continent. Ce dernier est sûrement appelé à être à nouveau un enjeu majeur entre les grandes puissances, mais il semble que l’Asie centrale est un enjeu encore plus considérable, compte tenu des réserves énergétiques qui s’y trouvent. Les risques de conflit dans cette région sont accentués par le fait qu’il y existe d’importantes populations musulmanes et que l’islamisme s’y développe à une vitesse impressionnante (au Tadjikistan, par exemple, il existait en 1989 17 mosquées et 19 églises orthodoxes ; deux ans plus tard, en 1991 on comptait 2870 mosquées et toujours seulement 19 églises orthodoxes…).

Notre monde politique et économique repose encore, pour beaucoup, sur un ordre établi à la fin de la seconde guerre mondiale. Or cet ordre est de plus en plus contesté. Nombreux sont les pays qui attendent des changements. L’Inde, le Japon ou le Brésil aspirent, par exemple, à devenir des membres permanents du Conseil de sécurité. Les “altermondialistes” luttent très fortement depuis 2000 pour que le dollar ne soit plus la seule monnaie de référence et militent pour que l’on réforme les règles de l’OMC.

On sait qu’Uranus et Pluton nous confrontent à la violence. Les affrontements — de plus en plus économiques — ne sont plus à craindre entre pays européens. Ils s’exerceront d’une part entre les pays du camp occidental (entre les Etats-Unis, l’Europe et le Japon), et entre les pays d’Orient (notamment la Chine, l’Inde et le Pakistan) et surtout, d’autre part, entre les pays du camp occidental et les autres pays. Tandis que les pays occidentaux veulent maintenir leur leadership les autres pays, qui se sentent lésés, entendront occuper la place qu’ils estiment mériter. Bref une guerre économique sans merci s’annonce. Avec beaucoup de victimes (chômage, faillite, etc.). La sagesse voudrait que les uns et les autres se mettent d’accord sur de nouvelles règles. Mais il est hélas peu probable que de telles modifications soient décidées. L’histoire montre que ce genre de réajustements n’a lieu qu’à la suite d’une grave crise.

*



Lors du tournant 2009-2010 la lutte sera sans merci au cœur de l’économie de marché. D’un côté, c’est une lutte entre des pays d’Asie (Chine, Inde, Pakistan) et également une lutte au sein du camp occidental (Etats-Unis, Europe, Japon). Mais c’est surtout une lutte entre les pays non-occidentaux et le camp occidental afin qu’au niveau mondial les règles du commerce et de la diplomatie soient modifiées. Les lignes de fracture se situent avant tout en Israël, dans la zone pacifique (Japon, Corée, Taïwan), dans les « Balkans » de l’Eurasie. D’un autre côté, grand est le risque de catastrophes naturelles liées au dérèglement de l’écosystème, si une prise de conscience collective ne nous fait pas passer rapidement d’une économie de marché à une “société de marché”, qui pourrait prendre les mesures qui s’imposent.

Quelques remarques sur l’année 2007



2007 se présente comme une année très contradictoire. D’un côté les configurations dissonantes : l’opposition de Saturne à Neptune et le carré de Jupiter à Uranus. D’un autre côté des configurations harmonieuses : le trigone de Jupiter à Saturne et la conjonction de Jupiter à Pluton en fin d’année.

Nous devrions, avec le carré Jupiter-Uranus décroissant (effectif entre janvier et octobre) avoir un premier aperçu de ce que pourrait être la crise en 2009-2010. Ces planètes durcissent et tendent les situations. En ces mois peuvent survenir en grand nombre des coups de force, des OPA, des putschs militaires, etc.

L’opposition Saturne-Neptune qui se prolonge jusqu’au mois de juin, est au contraire annonciatrice de mouvements populaires. Il est aussi possible que des actions, voire des alliances, se nouent contre le camp occidental. Comme l’Iran et la Russie sont liés à ce cycle planétaire Saturne-Neptune, ces pays seront vraisemblablement en première ligne.

En ce qui concerne les élections en France, l’opposition Saturne-Neptune se superpose à l’opposition Uranus-Pluton du thème de la Ière République de 1792. Autant dire que cette élection va s’avérer porteuse d’enjeux et délivrer par la suite de vrais bouleversements.

Mais de mars à novembre, le trigone Jupiter-Saturne annonce une période plus stable pour l’Europe. On peut s’attendre à de nouvelles propositions qui relancent le développement de l’union européenne.

La récente guerre au Liban était liée aux dissonances entre Jupiter, Saturne et Pluton. Comme ces planètes se trouvent positionnées de manière harmonieuse à la fin de l’année 2007, une lueur d’espoir est permise.

Y. L.



* Yves Lenoble organise à Paris les 27 et 28 janvier 2007, en compagnie de Catherine Gestas, un congrès annuel astrologique sur le thème des "âges de la vie et des rituels de passage". Pour tout renseignement : www.sephermes.com
(1) L’Union Astronomique Internationale considère depuis le 24 août 2006 que Pluton, en raison de sa petite taille, n’appartient plus à la famille des planètes. Nous continuons néanmoins d’utiliser ce symbole dans la pratique astrologique car plusieurs dizaines d’années d’observation nous ont convaincu de son importance. (2) F. Perroux parle en 1964 de mondialisation des marchés dans L’économie du XXe siècle.
(3) Barbault A., «Le XXIe siècle», revue L’Astrologue N° 92, 4ème trimestre 1990


Bibliographie

Guénon R. La crise du monde moderne, Gallimard, 1927
Lenoble Y., Initiation à la pratique des cycles planétaires, Arrc, 1993
Ridoux C., Evolution géopolitique mondiale (le tournant 1980-2020), Le Rocher, 2002
Boniface P., L’année stratégique 2006, Dalloz/Iris,2005


* Yves Lenoble est professeur d’astrologie. Pour tout renseignement : www.sephermes.com