D’emblée la collection dirigée par Gérard de Sorval annoncait la couleur : il s’agissait, certes, de puiser aux sources de la Chrétienté, "dans la Tradition immémoriale d’Orient et d’Occident" des textes qui concernent essentiellement la sagesse chrétienne, mais — loin des recherches plus ou moins "exotiques" ou "teintées d’évasion", la "quête" exprimée par cette collection entendait demeurer enracinée dans "l’héritage spirituel et historique de la Tradition occidentale" et visait à "retrouver notre identité terrestre et céleste tout à la fois". D’où la volonté de "mettre en lumière nos sources traditionnelles dans leur permanente actualité, en tant qu’elles recèlent des doctrines et des méthodes de connaissance et de réalisation spirituelle toujours adaptées à l’Occidental contemporain".



Des "chemins divers"
Ces textes, précisait encore Gérard de Sorval, entendent appeler le lecteur au "voyage intérieur à la recherche de soi-même et à la rencontre de Dieu", mais, "à l’exception des voies spécifiquement mystiques ou dévotionnelles", ces ouvrages chercheront avant tout à explorer "les chemins initiatiques d’approfondissement spirituel, ouverts à ceux qu’appelle cette vocation au sein de l’Assemblée des fidèles" — chemins "divers, adaptés aux différentes catégories d’hommes". D’où la déclinaison de cette collection en plusieurs domaines d’investigation différents et complémentaires : Les chemins du métier ("ceux des confréries ouvrières et artisanales, notamment des Compagnons" -; Franc-Maçonnerie traditionnelle ("l’art des bâtisseurs tel qu’issu de la tradition opérative des Maîtres d’œuvres des cathédrales") ; La voie héroïque ("celle de la spiritualité chevaleresque et du métier royal, centrée sur l’accomplissement de la Justice et de la Paix" ; Science sacerdotale et prophétique ("la sagesse liée à l’office de l’autel et de la liturgie, et à la fonction de Docteur et Pasteur" ; enfin, Les voies d’Hermès ("hermétisme et alchimie, arts et sciences des “mages”, voués au déchiffrement de la nature et à sa rédemption"). La collection“Chemins initiatiques de la tradition occidentale” entendait "mêler" dans chacune de ces séries, la "réédition de textes anciens ou devenus introuvables" et des "études contemporaines" — dans une "optique", précisait G. de Sorval qui n’est "pas celle de l’érudition ou de la recherche savante universitaire" mais qui consiste plutôt à "fournir des points de repères et des guides aux chercheurs de Dieu et aux “hommes de bonne volonté”…". Seront ainsi tour à tour publiés : Principes et problèmes du Rite Écossais rectifié et de sa chevalerie templière de Jean Tourniac (préface de J. Palou, 1985) ; Initiation chevaleresque et initiation royale dans la spiritualité chrétienne, par Gérard de Sorval (préface de J. Tourniac, 1985) ; Mystique ouvrière et tradition hermétique : le Christ de Tulle, de Luc de Goustine, en 1986 (livre réédité en 2006 par les éditions Archè) ; Ars Moriendi (1492) ou l’art de bien mourir (présentation et adaptation de P. Girard-Augry, préface de J-P. Schnetzler, 1986) ; Au cœur de l’Écriture. Méditations d’un prêtre catholique, par Nicolas Boon (recueillies et présentées par Monique André-Gillois, 1987) ; Les Tracés de Lumière, de Jean Tourniac (1987). G. de Sorval se souvient encore de l’atmosphère "artisanale", au sens traditionnel du terme, qui avait présidé au lancement de cette collection , et notamment de l’attention qui avait été portée "avec l’aide d’un remarquable typographe d’origine tchèque", au choix de la police de caractères, du format, du papier et de la mise en page…