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samedi 31 mars 2007

Sommaire Symbole 6 - avril 2007


Vie posthume et Résurrection

Exergue - Pâques, ses mystères et ses applications pratiques, par P. R. de Coppens
Exergue - La réincarnation : une impossibilité métaphysique, par Whitall N. Perry
Exergue - «Tu es Cela», par Ananda K. Coomaraswamy
Étude - Résurrection et maternité virginale, par Jean Tourniac
*
Symboles - Beauté et Vérité : le monde de l'icône, par René Haudoix
Livres - Le symbolisme de la danse des derviches, par Éric Geoffroy
Livres - La divine comédie de Frédérick Tristan, par Jean-Marie Beaume

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Pâques : l'archétype de la Résurrection, ses mystères et ses applications pratiques

par P. R. de Coppens

Sociologue et anthropologue, P.R. de Coppens a consacré de nombreux travaux aux relations entre santé et spiritualité. Bien que l’auteur ait recours, ici ou là, à un vocabulaire ou à certaines formulations qui semblent renvoyer à un fond doctrinal quelque peu “mélangé”, il nous a néanmoins paru intéressant de publier ici ce texte (1). A propos de Pâques et de la Résurrection, il met en effet l’accent sur une dimension essentielle, et cependant souvent négligée, singulièrement en Occident : celle de l’importance du “corps” dans tout itinéraire spirituel — de la nécessité d’une spiritualisation du corps, anticipation du “Corps de Gloire”. Si la résurrection du Christ le matin de Pâques est au coeur de l’espérance chrétienne («Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra» - Jean 11, 25), il importe de rappeler que la promesse dont il s’agit est celle de la «résurrection de la chair», c’est-à-dire de la “transformation” ou de la «transfiguration» dans le Verbe divin de tout l’homme. Celle-ci n’est autre, en mode ésotérique, que la réalisation en soi de « l’homme universel» (2) — processus de «réalisation» engagé dés ici bas, et qui, en quelque sorte, “culmine”, en mode non manifesté de l’être, en tant que «possibilité suprême du Soi, conscient de sa propre permanence dans l’Éternel Présent» (3).


"Celui qui croit en moi, même s’il meurt vivra". (Jean 11, 25)


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vendredi 30 mars 2007

La réincarnation : une impossibilité métaphysique

par Whitall N. Perry

Ce texte, dont nous ne publions ici que les principaux extraits, est paru en 1966 dans les Études Traditionnelles sous le titre «La réincarnation, faits et fantaisies». L’auteur y rappelle, dans une partie introductive, que la théorie de la “réincarnation” a émergé de nouveau au cours du XIXe siècle en séduisant «certaines âmes, plus fortes de sentiment que de théologie». A travers la traduction de textes orientaux — dont on n’a pas toujours compris le caractère symbolique de certaines expressions —, on a cru cette théorie corroborée par l’Hindouisme ou le Bouddhisme. Elle permet à certains de trouver «une assurance réconfortante dans la perspective de vies successives sur la terre », tandis que d’autres éprouvent «une satisfaction historique plus concrète dans la “contemplation” de leurs existences antérieures en tant qu’Ashoka, Alexandre le Grand, Catherine de Médicis ou Jeremy Bentham…». Mais la réincarnation, souligne W.N. Perry, témoigne avant tout d’une incompréhension des doctrines de la transmigration et de la métempsychose — et demeure, comme l’affirment toutes les doctrines authentiquement traditionnelles, une impossibilité métaphysique.


La Pesée des âmes. Papyrus d'Ani.


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«Tu es Cela»

par Ananda K. Coomaraswamy

Né à Ceylan en 1877, mort en 1947, Ananda K. Coomaraswamy dirigea la section d’art indien du musée de Boston. Érudit, spécialiste de l’art traditionnel, il fut aussi un homme de vaste culture philosophique et religieuse et l’un des correspondants majeurs de René Guénon, dont il partageait les perspectives métaphysiques, la critique de la modernité et les orientations doctrinales traditionnelles. Collaborateurs des Études Traditionnelles, c’est dans cette revue que parut en 1947, au moment de sa disparition, ce texte intitulé «Gradation, évolution et réincarnation » (1). Nous ne retenons ici que les passages concernant cette dernière question, dans lesquels il explique pourquoi la “réincarnation” — telle qu’elle est aujourd’hui communément comprise comme étant «le retour d’âmes individuelles en d'autres corps ici-bas —, sur la Terre» ne constitue pas une doctrine orthodoxe. On ne saurait trop recommander au lecteur de se reporter, sur ce sujet et quelques autres, à trois livres majeurs d’Ananda K. Commaraswamy : Hindouisme et bouddhisme (Gallimard, Idées Poche), La doctrine du sacrifice (Dervy) et La signification de la mort (Archè).

Ananda K. Coomaraswamy (1877-1947)


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Résurrection et maternité virginale

par Jean Tourniac

Publié par Jean Tourniac en 1984, Vie posthume et résurrection, livre aujourd’hui pratiquement introuvable*, est une enquête minutieuse sur les états posthumes dans les différentes traditions, du Vêdânta (à travers la «somme» guénonienne) au christianisme, en passant par l’ésotérisme hébraïque. Rappelant que «Jésus s’est fait Juif et non pas Grec», et que la doctrine judéo-chrétienne de la résurrection n’est pas réductible à la conception de «l’immortalité de l’âme» de la philosohphie grecque, l’auteur montre en particulier, telles qu’elles ressortent de l’exégèse biblique, à la fois la conformité des perspectives judéo-chrétiennes avec les données métaphysiques universelles (la triplicité Corps, Âme, Esprit ; la doctrine des « états multiples de l’être »…) et la spécificité du destin posthume du chrétien. Unissant en lui les deux alliances, c’est la «résurrection de la chair» dans l’éternité du «corps glorieux», qui est promise au disciple du Christ. Une promesse qui lui offre la “chance” de «conserver» et de «perfectionner» son individualité spirituelle et animique post mortem, jusqu’au «Jugement» final — sans exclure la possibilité de la réalisation spirituelle “immédiate” par l’ascension des «états multiples de l’être». La spécificité de ce destin posthume est éclairée par certaines notions clefs de la tradition hébraïque, des «enveloppes» animiques à «l’os de la résurrection» et au «germe d’incorruptibilité enfoui dans “l’amande” virginale». D’où, en climat chrétien, l’importance primordiale du rôle de la Vierge Marie — de la “parturition virginale” —, dans les états posthumes. Nous publions ci-dessous l’un des principaux extraits de cette étude, qui constitue le dernier chapitre du livre de J. Tourniac.


"Je suis qui je suis" (Exode, I, 3-13)


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Beauté et Vérité : le monde de l’Icône

par René Haudoix

Si l’icône (1), en tant que modèle expressif de la spécificité de l’Église chrétienne d’Orient, connaît aujourd’hui un véritable engouement sous nos longitudes occidentales, cette situation n’est pourtant pas exclusive d’incompréhensions — à l’occasion profondes —, de ce dont il s’agit, au profit d’un sentimentalisme mal contrôlé ou, pire encore ! d’un esthétisme très caractéristique de la mentalité occidentale moderne et de son approche de l’art. Ce n’est pas, bien sûr, qu’il soit “interdit” d’éprouver quelque émotion devant telle Theotokos "montrant le chemin" — ou mieux, "de tendresse" —, ni qu’on ne puisse goûter la séduction subtile des douces tonalités chromatiques de la Trinité-Philoxénie d’Abraham de Roublev ; simplement le centre des choses n’est pas là…


Le mandylion, image de la Sainte Face.


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De la danse des derviches à la métaphysique de Rûmî

par Éric Geoffroy

Les “derviches tourneurs”, confrérie musulmane soufie fondée au XIIIe siècle par Jalâl al-Dîn Rûmî, sont connus pour leurs danses “en toupies” très prisées des touristes. Mais peu savent que cette danse giratoire rituelle (samâ‘) recèle un très riche symbolisme, et a longtemps constitué l’un des éléments clefs d’un parcours initiatique. Les derviches tourneurs – doctrine, histoire et pratiques, que publient trois chercheurs érudits et passionnés (1) réussit le pari de livrer au grand public averti l'essentiel de ce que l'on doit savoir sur la confrérie Mawlaviyya, autrement appelée ordre des Derviches tourneurs.



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La divine comédie de Frédérick Tristan

par Jean-Marie Beaume

Chez Frédérick Tristan, maître de la langue et prince de la Fiction, l’art du roman confine (sur)naturellement à la métaphysique. Avec Dernières nouvelles de l’au-delà il nous entraîne, entre «rêve» et «réalité» dans la fabuleuse ronde des «morts» et des «naissances». Perdus dans le kaléidoscope du courant des formes et l’illusion de la «foultitude», ses héros se verront appeler à une «rectification du regard» : un retournement mémorial et une remontée à la source, qui participent du fameux jeu de mots grec : le souvenir (du Nom) est absence d’oubli (alêthê), qui est elle-même vérité (alêtheïa), qui est elle-même sentier divin (alê theia)… Un roman magistral, librement inspiré de la Divine Comédie, où Frédérick Tristan invite peut-être aussi «celui qui a des oreilles pour entendre» à perdre, avec lui, le sens de toute mesure possible du “réel”, pour mieux contempler sa longueur, sa largeur, sa hauteur et sa profondeur, qui ne sont pas de ce monde…



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lundi 12 mars 2007

Sommaire Symbole 5 - mars 2007


Autour de René Guénon

Exergue - René Guénon ou la voie métaphysique, par Arnaud Rouvières
Entretien - Xavier Accart : "Une prise de conscience de la vraie nature du spitituel"
L'œuvre de René Guénon, par Luc Benoist
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Symboles - Les larmes, la myrrhe et la Croix, par Jacques Bonnet
Livres - La symbolique des Nombres : une recherche originale d’André Deghaye, par Jean-Michel Latour
Livres - Les saisons intérieures de Marie-Claire Dolghin, par Anne Van Dyck
Films - Retour à Samsara, par Majriti

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René Guénon ou la voie métaphysique

par Arnaud Rouvières

L’un des phénomènes majeurs de ces dernières décennies — et désormais, pas seulement en France et en Europe —, est celui de l’influence, souvent «souterraine» ou au second degré, mais «vivifiante», de “l’œuvre” de René Guénon (1886-1951) — référence majeure, et le plus souvent incontestée, de la «pensée traditionnelle». Mais Guénon reste souvent encore méconnu, peu ou mal lu, voire incompris et critiqué pour ce qu’il n’est pas, y compris dans les milieux religieux ou «traditionnels». Cet ensemble “Autour de René Guénon” n’a certes pas la prétention de constituer un dossier de référence, ni même une introduction digne de ce nom à l’étude de Guénon, mais simplement de donner quelques aperçus, qui inciteront peut-être certains lecteurs à aborder plus sérieusement l’“œuvre” du métaphysicien…

rene guenon
René Guénon vers 1925.


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