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mardi 5 juin 2007

Sommaire Symbole 8 - juin 2007


Le lancement de Symbole avec Frédérick Tristan

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Le "monde imaginal" d'Henry Corbin

Exergue - L’homme et l’œuvre, par Pierre Lory
Exergue - Le sens ésotérique du pèlerinage au temple de la Ka’ba, par Henry Corbin
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Étude - Pour une Gnose de l'Incarnation, par Franck Viellart
Symboles - Le symbolisme du sacrifice, par Christian Mariais
Livres - Faut-il inventer le réel ? Entretien avec Koroneos, par Jean-Marie Beaume
Livres - Le Dominique de Roux de Philippe Barthelet, par Jean-Marie Beaume
Rencontre - Alain Husson-Dumoutier explore les Livres sacrés, par Franck Chaix de Lavarène
Festival - Art et spiritualité à Troyes, par Jean Gouliard

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Le lancement de Symbole avec Frédérick Tristan


Pour fêter la parution de son premier numéro papier, l'équipe de Symbole a accueilli, le lundi 14 mai rue de Vaugirard à Paris, une centaine d'amis. Notre rédacteur en chef, Jean-Marie Beaume, présenta notre ardente aventure intellectuelle et spirituelle. Puis notre "parrain", Frédérick Tristan, anima la soirée par une conférence dont il a le secret sur "Fiction littéraire et réalités spirituelles" avant de dédicacer son récent roman Dernières nouvelles de l'au-delà (Fayard éd.). Le cocktail permit à chacun de rencontrer un certain nombre d'auteurs, tels Luc de Goustine, Philippe Barthelet, Xavier Accart... et de faire connaissance avec les responsables de Symbole. En écho à cette soirée, nous vous proposons l'intégralité de la conférence de Frédérick Tristan.


Frédérick Tristan : "En tant que romancier, je me sens plus artiste qu'intellectuel, et il se peut que ce soit ma part de talent." Photo : Louis Monier.


IMPORTANT ! :
Pour commander ce premier numéro en librairie, il est nécessaire de préciser la référence complète du titre de l'ouvrage ("La Nature et le sacré", Éd. Dervy).



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Henry Corbin, explorateur des terres d’émeraude

par Pierre Lory

Le nom de Henry Corbin (1903-1978) est connu à plus d’un titre. Parmi les premiers en France à mettre en relief l’œuvre de Martin Heidegger, il en fut le premier traducteur. Simultanément, il s’intéressait aux philosophies de l’Orient islamique : avicennisme, philosophie illuminative (Sohrawardî), pensée chiite. Son apport dépasse de très loin le domaine de ce qu’on appelle communément l’orientalisme. Philosophe de formation, Corbin a toujours voulu situer son œuvre dans le champ des études philosophiques dans le sens fort du terme : à savoir dans l’aventure transformatrice vécue par le sujet pensant dans la quête du sens de sa vie. Pour lui, l’approche exégétique et l’expérience spirituelle des penseurs musulmans, en tant qu’elles s’incorporent à une réflexion systématique, relèvent de plein droit du champ de la philosophie, exactement comme celles de Plotin, de Proclus, de Jamblique, ou encore de Berkeley et Kierkegaard.


Henry Corbin (1903-1978)


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Le sens ésotérique du pèlerinage au Temple de la Ka'ba

par Henry Corbin

Dans ce texte essentiel, extrait de Temple et contemplation — livre devenu introuvable, qui fait l’objet d’un belle réédition*— Henry Corbin révèle le “sens ésotérique” du pèlerinage à La Mekke. Le pèlerinage configure, pour le pèlerin, la «forme spirituelle du Temple» en reproduisant symboliquement celui qui, selon la Tradition, a conduit Adam en compagnie de l’ange Gabriel jusqu’en Arabie, après que celui-ci eut reveillé en lui, après sa sortie du paradis, le “souvenir de Dieu”. L’Ange, que symbolise la Pierre Noire enchâssée dans l’un des angles de la Ka’ba, n’est autre que le garant de l’engagement ou du Pacte fondamental qui lie, dans le Ciel, Dieu et ses créatures ; à ce titre, il est aussi un symbole du «centre spirituel de l’homme», de «la Perle» ou du «joyau caché en lui». Dans la théosophie islamique, l’Ange Gabriel est aussi «l’Esprit-Saint et l’Ange de l’humanité» ; c’est «de son “aile de lumière”, écrit Corbin, qu’émanent les âmes humaines en ce monde ; et il est l’ange de la Connaissance, celui dont l’illumination projette les formes intelligibles sur nos intellects. Il est donc tout à fait juste de typifier dans le pèlerinage où sont associés l’ange Gabriel et Adam, tout le processus de la descente de la Perle blanche en ce monde, sa métamorphose sous l’aspect de la Pierre Noire, c’est-à-dire en la forme sous laquelle elle apparaît à la perception sensible et sous laquelle l’homme doit apprendre à la reconnaître, à moins hélas ! que sa vie ne s’achève sans qu’il l’ait jamais reconnue.» Le croyant doit donc redécouvrir le secret de la Pierre Noire, qui est le secret de l’Ange, puisque «cette Pierre que les pèlerins baisent au passage comme le fit Adam, lorsqu’il l’eut reconnue — cette Pierre est dans le Temple matériel de la Ka’ba ce que l’Ange est au centre de l’homme. Alors la Pierre Noire redevient la Perle blanche, le vestige du paradis, l’Ange ou l’Imâmat dans l’homme.» Autrement dit, il appartient à l’homme, à travers cette péregrination intérieure, «de redécouvrir son centre, ou au contraire de le perdre et d’être à jamais désaxé.» Atteindre ce centre tel est précisément «le sens ésotérique des rites du pèlerinage, accomplis comme les rites d’un mystère d’initiation, au terme duquel le myste entre dans le Temple, parce qu'il a retrouvé la potestas clavium


"Il y a exotériquement un Temple de la Ka’ba qui oriente le regard des créatures, de même il y a ésotériquement une Ka’ba qui est l’objet de contemplation du regard divin, et c’est le cœur de l’homme."


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Pour une Gnose de l'Incarnation (II)

par Franck Viellart

Franck Viellart est né au ciel le 25 février 2003 : il était âgé de 39 ans. Après des études en Classes préparatoires Littéraires au Lycée Chaptal, il avait mené de front des études de Lettres modernes (une Maîtrise sur Délie de Maurice Scève (1985) ; un DEA sur l’Art poétique de Paul Claudel) et de philosophie (Licence) à l’Université de Paris X Nanterre (1986). Muni d’un CAPES de Lettres, il était parti, à l’automne 1988, enseigner comme coopérant à Istanbul : il y avait découvert avec fascination l’Islam et, plus avant, le soufisme, puis était rentré à Paris en 1990, où il devait enseigner en collège. Son activité principale, cependant, est alors poétique : il publie Prime Donne dès 1983, Tipheret (les corps glorieux) en 1989 et Malcouth (l’ange de l’abîme) en 1992, tous trois aux éditions Caractères dirigées par B. Durocher, tandis que Visage, source scellée sort en 1989 aux éditions Saint Germain des Prés. Quelques articles philosophiques paraissent parallèlement dans des revues, où il explore les possibilités d’une métaphysique entée sur l’expérience de la transcendance dans les monothéismes et dans la tradition orientale de l’Hindouisme : c’est la présentation de La structure absolue de R. Abellio dans le Dictionnaire philosophique des P.U.F. (Les Œuvres, 1990) ; c’est «Phénoménologie et pensée de la non-dualité» dans Philosophische Grundlagen der Interkulturalität (éds. R.A. Mall et D. Lohmar, Amsterdam, Rodopi, 1994) ; c’est, enfin, «Pour une gnose de l’Incarnation», issu des Actes du Colloque La gnose, une question philosophique. Pour une phénoménologie de l’invisible (octobre 1997, Univ. de Paris IV Sorbonne), édités aux éditions du Cerf* par N. Depraz et J.-F. Marquet. C’est ce dernier article, dont voici la deuxième partie, qui est ici publié.

Natalie Depraz




Franck Viellart (1964-2003)


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