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jeudi 25 octobre 2007

Sommaire Symbole 12 - novembre 2007


Mort, Passage, Résurrection

L'origine de la Toussaint, par Jacques de Voragine
Cardinal Jean-Marie Lustiger : "La victoire de Dieu sur la mort est la divinisation de l'homme"
Entretien avec Christian Chabanis
À propos de la grande fête automnale, par Pierre Gordon
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Hommage - Marol ou l'enfance spirituelle, par Majriti
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Étude - Les états posthumes chez les Indiens d'Amérique, par Jean-Louis Grison
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Symbole - Le doigt de Dieu, par Jacques Bonnet
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Rencontre - Entretien avec Claude-Henri Rocquet, par Jean-Marie Beaume
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Analyse - Sombre Dragon ou les bas-fonds de la "contre-initiation", par Robert Estienne
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Livres - De Bénarès à Kyoto, d'Olivier Germain-Thomas, par L-O. d'Algange
Livres - Le Talmud et les origines juives du Christianisme, par Jean-Michel Latour
Livres - Jules Roy : L'Homme à la Licorne, par Philippe Barthelet
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Bibliophilie - Les Identités remarquables de Rafaël Mathieu, par Jean-Marie Beaume
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Chronique - Les Carnets de Jean Biès (III)

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L’origine de la Toussaint et de la fête des morts

par Jacques de Voragines

Jacques de Voragines, archevêque de Gênes, fut l’auteur, au XIIIe siècle, de la fameuse Légende dorée (Legenda aurea) qui raconte la vie des saints illustres en mettant l’accent sur leurs miracles et la surabondance de la grâce surnaturelle — ce qui confère à la Légende dorée une aura de «merveilleux» que les esprits forts ont beau jeu de taxer de «naïveté», comme pour mieux souligner le peu de crédibilité historique qu’on peut accorder à ces biographies des saints réputées «enjolivées» pour l’édification des fidèles. Dans cet extrait, Jacques de Voragines y évoque l’origine de la fête de la Toussaint, le 1er Novembre, et celle de la fête des morts le 2 Novembre.


"Pierre Damien raconte aussi que saint Odilon, abbé de Cluny, décida que, dans les monastères de son ordre, la fête de la Toussaint serait suivie de la commémoration des âmes défuntes ; et cette décision fut ensuite approuvée par l’Église entière".


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mercredi 24 octobre 2007

À propos de la grande fête automnale

par Pierre Gordon

L’œuvre de Pierre Gordon (1886-1951) «à la fois “père de l’Initiatisme” et l’un des grands précurseurs de l’unité des religions, dont il a montré qu’elles trouvent toutes leur source dans le grand rite initial de Mort et de Renaissance» (Ange Duino) apparaît, aujourd’hui encore, comme l’une des plus injustement méconnues. Sur la cinquantaine d’ouvrages dont il est l’auteur, 25 seulement sont arrivés jusqu’à nous — et il faut saluer les efforts des éditeurs Arma Artis et Signatura qui ont édité ou réédité, depuis quelques années, près d’une quinzaine de titres (1). Les deux textes que nous présentons ici sont extraits des chapitres IV, VI et VII de l’ouvrage Les fêtes à travers les ages – Leur unité. Les origines du calendrier, de Pierre Gordon (2). Nous adressons nos très vifs remerciements à Mme Tapié de Celeyran, directrice des éditions Signatura, qui a bien voulu nous autoriser à citer longuement, ici, cet ouvrage.


"Le soleil s’intégrait dans le rituel de mort et de résurrection, puisqu’il mourait chaque soir, dévoré par le monde souterrain, et que, après avoir reçu dans l’océan occidental le baptême de l’eau divine, il renaissait le lendemain pour promener sur la tête des hommes l’ostensoir sacrosaint du mana impérissable".


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Marol ou l’enfance spirituelle

par Majriti

Marol, si multiple ! Tant de dons… Poète, mystique, écrivain, conteur, dessinateur, humoriste, architecte, éducateur, agitateur culturel et, fondamentalement, chevalier errant. Sa grande affaire : la Féminité du monde. En Marol, comme il se faisait appeler sans son prénom, tant de chants bengalis, de verve troubadour et… de nostalgie du Paradis. Un élan qui le porte toujours au-delà des livres, dans un engagement de l’être, à la fois d’amant hardi et de poète ardent. Car ce qui l’intéressait était de vivre les choses de l’intérieur, en esprit, naturellement, en connivence. Hommage à Marol (1951-2002), l’“ami” de Guillaume d'Aquitaine et de Ma Ananda Moyi.


Marol (1951-2002).


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mardi 23 octobre 2007

Les états posthumes chez les indiens d’Amérique

par Jean-Louis Grison

Tout en ayant leur symbolisme propre, la conception des états posthume des Aztèques, des Mayas ou des Incas, notamment en ce qui concerne la description de ces états («paradisiaques» ou «infernaux») apparaît très proche de celle des croyances sur la vie future exprimées par religions monothéistes, et singulièrement le Christianisme. Toutefois, plus qu’une simple «influence» — fort hypothétique dès lors qu’on sait que «les diverses expressions doctrinales (…) possèdent leur réalité et leur vitalité propres, tout en découlant de la Tradition primordiale» — Jean-Louis Grison aperçoit dans ces descriptions des divers états posthumes chez les Indiens d’Amérique, une proximité avec «celles que l’on rencontre parmi les traditions ésotériques de l’Occident, et en particulier, de celles que contiennent l’Énéide et la Divine Comédie. Il conviendrait donc d’y voir «au-delà des données proprement religieuses, une allusion assez claire au processus initiatique, et aux divers états par lesquels passe l’être au cours de sa réalisation spirituelle.»


"La «Maison du Soleil», Toniatu-Hichan, ou Paradis Est du Soleil, était le séjour des victimes offertes en sacrifice, et des soldats tués au combat. On disait qu’à l’aube, les âmes des guerriers devaient aller à la rencontre du soleil, et l’escorter de l’horizon oriental jusqu’au zénith."


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Le doigt de Dieu

par Jacques Bonnet

Saint Augustin cherchant quelle était la personne de la Sainte Trinité qui avait parlé sur le Sinaï suggère : «Pourquoi n’envisagerions-nous pas l’Esprit-Saint, puisqu’à ce moment a été donnée la Loi écrite sur des tablettes de pierre par le doigt de Dieu, nom sous lequel nous savons que l’Esprit-Saint est désigné dans l’Évangile ?» (1) Il s’agit du passage de Saint Luc : «Si c’est par le doigt de Dieu que je chasse les démons, alors le Royaume de Dieu est arrivé pour vous» (2). Le passage correspondant de Saint Matthieu est le suivant : «Si c’est par l’Esprit de Dieu que je chasse les démons, alors le Royaume de Dieu est arrivé pour vous» (3). On ne peut donc trouver plus explicitement affirmé que le doigt de Dieu est l’Esprit-Saint.


"Si le bras sortant du nuage a servi à figurer le Père, la main adhérente à ce bras était le Fils, et les doigts bénissant ou œuvrant, le Saint-Esprit."


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Claude-Henri Rocquet : «Nier l’Esprit, c’est renoncer à toute parole et à toute pensée…»

Propos recueillis par Jean-Marie Beaume

Auteur d’une trentaine d’ouvrages, essais, récits, entretiens, poèmes, théâtre…, Claude-Henri Rocquet, qui fut proche de Lanza del Vasto et l’un des grands interlocuteurs de Mircea Eliade, publie Chemin de parole (éd. de Corlevour, 2007)* – livre inclassable, dont le «cœur» est une herméneutique de deux épisodes majeurs de l’Ancien Testament. D’une part, le «sacrifice d’Abraham», comme révélation de l’essence tragique de l’être, elle même reflet du tragique en Dieu – dont la création peut être lue comme le sacrifice premier. D’autre part le combat de Jacob avec l’ange, où la naissance d’Israël – d’un combat de Jacob «contre soi-même» – devient la figure de tout combat spirituel et paraît même anticiper le passage de l’ancienne Loi à la loi nouvelle puisqu’il révèle que «le changement de la guerre en amour est le temple véritable (…), la seule Échelle de la terre au ciel». Livre éblouissant, inépuisable, où rayonne à chaque phrase une pensée-lumière dont la structure profonde semble participer de celle de l’étoile, Chemin de parole apparaît emblématique de l’œuvre, déjà connue d’un public fidèle, de C.-H. Rocquet. Dans cet entretien avec Jean-Marie Beaume, il évoque son rapport intime à l’écriture, inséparable de son itinéraire spirituel, mais aussi ce que fut sa «traversée du désert» – et certaines des figures littéraires, intellectuelles et spirituelles qui ont le plus compté pour lui.


Claude-Henri Rocquet : "la tâche de l’écrivain (mais on pourrait transposer pour le peintre, le musicien...) consiste à laisser venir".


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Sombre Dragon, ou les bas-fonds de la "contre-initiation"…

par Robert Estienne

Si aujourd’hui de nombreux éditeurs proposent aux lecteurs le reprint de livres devenus introuvables, il faut saluer ici l’heureuse initiative des Éditions M.C.O.R. Christienne de rééditer une rare curiosité et à plus d’un titre inquiétante, Les Sept Têtes du Dragon vert. Déroutant tant dans sa forme que sur le fond, ce «roman ésotérico-policier» écrit sous le pseudonyme de Teddy Legrand et publié en 1933 s’inscrit dans l’histoire des derniers soubresauts de la ténébreuse affaire Taxil et constitue une des manifestations livresques de ce que René Guénon désigna en son temps sous le vocable de «contre-initiation». Petit rappel des faits.


"L'inversion des symboles est ce qui signe le plus spécifiquement la 'contre-initiation'" (Félicien Rops, détail de L'Offrande).


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Un Voyage (vers l’Orient) avec Montaigne

par Luc-Olivier d’Algange*

Dans Le Bénarès-Kyôto, qui vient de paraître aux éditions du Rocher, dans la collection “La fantaisie du voyageur” (dirigée par Christian Giudicelli), Olivier Germain-Thomas conjugue deux vertus, en apparence contradictoires : la lenteur à laquelle, à maints égards, l’Orient est une initiation et la vitesse, ou mieux vaudrait dire, la promptitude de l’expression. Le Bénarès-Kyôto révèle que la voie poursuivie est bien une voie de purification (étrangère, s’il est nécessaire de préciser, à tout puritanisme). Car voyager, c’est aller à contre-courant de l’usure et du déclin, vers l’origine, vers l’Orient, vers l’aube levante.


Olivier Germain-Thomas.


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A propos du livre de Dan Jaffé : Le Talmud et les origines juives du Christianisme

par Jean-Michel Latour

Le livre de Dan Jaffé traduit l’ambiguïté et la complexité du regard juif sur Jésus, qui peut très bien s’enraciner dans une difficulté à porter un regard sur soi-même : c’est en tout cas ce que l’auteur nous laisse pressentir par endroits. On ne peut s’empêcher de penser que c’est cela même qui devrait rapprocher Juifs et Chrétiens — car il apparaît de plus en plus clairement que ce “noyau originel” judéo-chrétien doit être regardé comme porteur d’une espérance commune.


Jésus devant le Sanhédrin. Fresque de Giotto (Padoue, 1304-1306).


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