Petite suite indienne
Par CEAPT Symbole copyright, mercredi 12 décembre 2007 à 19:20 - Films - #149 - rss
Alain Daniélou aurait eu cent ans cette année, comme Mircea Eliade ! Voici deux extraordinaires guides pour pénétrer l’Inde désirable.

Daniélou a été durant cette année réellement beaucoup fêté! Il suffit pour s’en convaincre de se reporter au très intéressant site Internet, alaindanielou.org, qui lui est consacré. On pourra aussi lire avec profit le dernier numéro de La Revue de l’Inde dirigée par François Gautier (192 p. 11 euros, édit. des Belles Lettres) qui lui est en partie consacré, avec notamment un entretien avec Jacques Cloarec, son légataire universel. Quant au meilleur hommage pour Eliade, il est venu sans doute venu du film L’Homme sans âge de Coppola, adaptant une de ses nouvelles, Le Temps centenaire (Gallimard), où se trouve une petite incursion en Inde.
Deux films à voir ou revoir
Film pour film, on pourra se procurer les DVD de deux films réalisés par des cinéastes français. D’abord, Le Fleuve (1951) de Jean Renoir. De nature descriptive, c’est le premier film de Renoir tourné en couleurs. Au-delà du mélodrame, cette balade au bord du Gange vaut par ses images sur une Inde traditionnelle et tranquille. Le second, Nocturne indien (1989) d’Alain Corneau, sur fond du Quintette à cordes en ut majeur de Schubert, est de nature initiatique. Par-delà les secousses chaotiques du voyage, c’est une rencontre avec différents personnages archétypiques aux sentences énigmatiques : «L’Inde est un pays fait pour se perdre… Tu es quelqu’un d’autre… Nous avons tous deux vie…» Nocturne indien, sous la bannière de Von Chamisso, «Je suis un étranger où que j’aille», est un voyage intérieur à la recherche de l’Atman, dans la trame mystérieuse des souvenirs vécus/non vécus qui nous échappent. En somme, de Bombay à Goa en passant par Madras, un film très eliadien.
Voilà donc quelques pistes données à la volée pour ne perdre le rasa de l’Inde. C’est ainsi que l’on peut passer l’hiver loin d’Elle, sans oublier d’écouter méditativement les sons de l’insurpassable «Maître» Ravi Shankar, né à Bénarès et qui fut découvert par… Alain Daniélou !
M.

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Cette année (le 21 août 2007 à Paris) le monde du yoga aura vu disparaître Shri Mahesh, «un grand monsieur». Né le 11 juillet 1924 en Inde du Sud, élevé dans un monastère dans le Karnataka, Il fut d’abord champion de course à pied. Envoyé en France en 1942 pour suivre l'enseignement de l'Ecole Supérieure d'Education Physique de Joinville, il sera ensuite accueilli dans la famille de Françoise Dolto, grâce à Swami Siddheswarananda, le fondateur de la mission Ramakrishna en France.
On lui doit plusieurs créations : le Centre de relations culturelles franco-indien (1959), avec le soutien d’André Malraux, la Fédération française de hatha yoga (1969), la revue «Yoga et Vie» (1974), l’École internationale du yoga traditionnel, qui forme des professeurs (1981), l’association humanitaire «France-Inde Karnataka»(1994).
Animé par un formidable désir de rapprocher les cultures et les hommes, il avait dans son dernier livre L’Inde (2004. Édit. Carnot) exprimé tout son savoir.
«Pour moi, la spiritualité est une force dynamique qui tend vers un but unique : la réalisation de soi à travers toutes sortes d’activités.»

Paris, le 25 mai 2005 : Shri Mahesh reçoit les insignes de chevalier de la Légion d'Honneur.

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