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samedi 15 décembre 2007

Sommaire Symbole 13 - décembre 2007-janvier 2008


Symbole - L’âne et le bœuf au théâtre de la Nativité, par Claude Mettra
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Mircea Eliade : cent ans !

L’homme sans âge, par Olivier Gissey
La dernière lettre, par Stephan J. Fay
Mircea Eliade : un homme essentiel, par Frédérick Tristan
Les chemins d’Hermès, par Claude-Henri Rocquet
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Portrait - Alain Daniélou l’inclassable, par Nicolas Givry
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Livres et Films - Petite suite indienne, par Majriti
Livre - Joie du ciel, par Philippe Barthelet
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Bibliophilie - Le Bomarzo de Pierret, par Frédérick Tristan
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Chronique - Les Carnets de Jean Biès (IV)

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vendredi 14 décembre 2007

L'âne et le bœuf au théâtre de la Nativité

par Claude Mettra

Dans l’imagerie chrétienne, il y a deux scènes fondamentales : celle de la Nativité qui correspond au solstice d’hiver et celle de la Passion, qui répond à l’équinoxe de printemps. Et dans la Nativité, il est deux acteurs dont la présence est aussi constante que celle de Jésus et de Marie : ce sont l’âne et le bœuf, bêtes de l’hiver plongées dans l’attente du nouveau soleil et préservant de leur chaleur affectueuse cette flamme dérisoire que représente un petit enfant dont la tâche est de restituer la création à sa gloire primitive.


"Telle est sans doute la signification ultime de cette crèche dont l’âne et le bœuf sont les acteurs capitaux : le Christ est l’enfant magique né des noces de la vie sauvage que symbolise l’âne, la bête du chaos, de l’informe, de l’instinct, du désir de l’être, et de la vie civilisée que symbolise le bœuf, l’animal sans lequel les hommes ne parviendraient point à changer le monde et à inventer à la terre un avenir sans cesse renouvelé."


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Mircea Eliade, l’homme sans âge !

par Olivier Gissey

Mircea Eliade aurait cent ans ! À vrai dire un âge guère canonique et presque badin au regard de son immense œuvre et des multiples prouesses, ces voyages dans l’espace et le temps, qu’il faisait accomplir aux héros de ses romans. Le récent film de Francis Ford Coppola, L’Homme sans âge, tiré d’une des nouvelles du grand Roumain, et que l’on peut recommander pour sa bonne retranscription en images de l’atmosphère réaliste-magique, est là pour nous le rappeler. Eliade, la Mémoire, l’exil et le sacré…


"Au carrefour des archétypes, des mythes, des méthodes ascétiques, Mircea Eliade a ainsi créé une «anthropologie des profondeurs» parallèle aux travaux de Jung sur le plan psychologique." (Photo : Louis Monier)


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Mircea Eliade : La dernière lettre

par Stefan J. Fay

L’écrivain roumain Stefan J. Fay, qui vit aujourd’hui dans le sud de la France, a fréquenté toute sa vie l’œuvre immense de Mircea Eliade qu’il rencontra à Bucarest il y a maintenant 70 ans. Dans ce beau texte égrenant souvenirs et déroulant le sens profond de l’archéologie spirituelle qu’a su construire ce «Roumain universel», nos lecteurs apprendront beaucoup. SymbOle présente donc cet extrait de la conférence donnée à Nice le 24 octobre 2007 devant 700 personnes par Stefan J. Fay pour le centenaire de la naissance de Mircea Eliade à l’occasion de l’ouverture de la chaire «Roumanie Dimitrie Cantemir» du Centre universitaire Méditerranée.


Stefan J. Fay : "Nous vivons essentiellement dans le doute ; à divers âges nous vivons diverses crises, nous posons diverses questions, et les réponses que nous nous donnons ou que nous trouvons, même lorsqu’elles nous enthousiasment, gardent en elles des recoins au-delà desquels le doute continue de survivre pour revenir à un autre niveau."


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jeudi 13 décembre 2007

Mircea Eliade : un homme essentiel

par Frédérick Tristan

Le 22 avril 1986, Mircea Eliade meurt à Chicago. Il avait 79 ans. Sa bibliothèque venait de brûler : comme autrefois Huxley, il ne lui a pas survécu. Un mois après paraissait son roman Noces au paradis. Mircea Eliade, philosophe, historien, romancier, laissait une œuvre qui fut décisive pour beaucoup. Frédérick Tristan lui rendit alors ainsi hommage dans les pages du Figaro-Magazine.



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Eliade et les chemins d'Hermès

par Claude-Henri Rocquet

Dans mes Entretiens avec Eliade, nous avons évoqué Ulysse, – qui, selon Hésiode, descend d’Hermès ; et nous leur avons donné pour titre : L’épreuve du labyrinthe (le labyrinthe : qui est une sorte de chiffre, un chemin à déchiffrer, un itinéraire. – Cocteau, dans Le mythe du Greco, rapproche, et comme à son insu, le labyrinthe et le caducée.) Nous avons beaucoup parlé d’herméneutique ; mais je n’ai pas souvenir que nous ayons réfléchi sur la figure d’Hermès, que je vois pourtant aujourd’hui comme le «patron» de Mircea Eliade. Et je suis moins porté à le définir comme «historien des religions» que comme «philosophe des religions», ou du «religieux» ; mais je le définis plus volontiers encore comme «herméneute», même si le mot est sans grâce.


"Le labyrinthe est une rose."


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Daniélou l’inclassable

par Nicolas Givry

Né à Neuilly il y a tout juste cent ans, Alain Daniélou aimait dire qu'il aurait pu exercer cent métiers. Sa longue vie, il meurt en 1994, et son génie lui auront en effet permis d’exceller dans quasiment tous les domaines, de la danse au rallye-raid. On lui doit l’ouvrage de référence sur le système des castes : Les Quatre sens de la vie.


Alain Daniélou, à gauche, et le musicien Ravi Shankar.


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mercredi 12 décembre 2007

Petite suite indienne

par Majriti

Alain Daniélou aurait eu cent ans cette année, comme Mircea Eliade ! Voici deux extraordinaires guides pour pénétrer l’Inde désirable.



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Joie du ciel

par Philippe Barthelet

Pour sauver ce qui peut l’être de notre sensibilité au Beau et au Vrai, Simone Weil proposait d’«inonder le public d’œuvres médiévales authentiquement belles» : on lui passera comme une insistance nécessaire ce double pléonasme, et on rappellera cette évidence, et à quel point elle est urgente – à condition toutefois de ne pas faire du moyen-âge ce qu’en font les professeurs et autres superstitieux de la chronologie : une époque déterminée et révolue, aux vestiges sous bonne garde muséale.



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Le Bomarzo de Jean-Marie Pierret

par Frédérick Tristan

Jean-Marie Pierret a concocté de ses mains un petit livre de bibliophilie sur les jardins alchimiques de Bomarzo en Ombrie. Bomarzo, ce «livre de pierres et d’arbres», adaptation de la Table d’Émeraude du Gibelin Vicino Orsini, est ce «bois enchanté où chante la Cabale, la Belle endormie, la Langue des oiseaux.» Où il est question «d'échelle de soie par laquelle vont et viennent les forces subtiles», de «jeune or», du «Libre qui construit son Ciel». Frédérick Tristan, cet autre amoureux de ces jardins miraculeux, a lu pour nous cette œuvre-rébus comme sortie de la glande pinéale, dont le pouvoir est de rendre visible l’invisible…


Au vrai, les bêtes étranges ne sont là que pour surgir de terre et se montrer afin de donner sens à celui qui les découvre."


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