«Les contes, explique-t-il, sont des histoires qui s'adressent au surconscient, ce sont des legs de la grande pensée mythique dont l'homme s'est coupé peu à peu au cours de l'histoire. Pour cela ils sont souvent irrecevables à la pensée rationnelle. Leur mécanisme est le même que celui du songe : ça ne s'apprend pas, c'est notre nature qui sait pour nous».
Dans ces histoires, le lecteur va chercher l'inspiration qui va lui permettre de réaliser ses aspirations les plus profondes : «A l'absolu de la quête répond l'absolu des possibles, poursuit Jean-Pascal Debailleul. Les réponses sont souvent à portée de main, cachées par le voile imaginaire de notre mental conditionné. Pourquoi vivre une vie étroite quand on peut être relié au Tout Possible ?»

C'est ce que permet de mettre en œuvre les 52 contes choisis par Jean-Pascal Debailleul. «Le premier effet du conte est de nous confronter à nos freins. Le modèle est fait pour se développer tout seul ; les freins ne sont que dans la manière dont on identifie notre besoin, ou dans l'interprétation faussée du résultat». Très concrètement, le «joueur» commence par poser une question. La réponse passe par le recours à l'aléatoire : les dés, pour obtenir un chiffre de 1 à 100. Un premier conte, interrogé comme un oracle, va permettre de saisir le vrai besoin derrière l'interrogation initiale : il va déclencher l'inspiration. «Il y a toujours obligation d'entrer en résonance avec l'œuvre, souligne l'auteur, un conte, c'est un peu comme si vous alliez au cinéma et que l'on vous donne les rushes pour que vous montiez vous-mêmes le film !». Autant dire que cette sorte de «Yi Jing occidental», qu'évoque Alejandro Jodorowsky dans sa préface, exige un travail de création intérieur. En les transposant dans notre quotidien, les aventures mythiques viennent progressivement nous éclairer sur nos vrais besoins et nos ressources réelles pour que la réalité vibre à l'unisson de nos souhaits. Certains buteront sur l'intervention du hasard, une prévention qu'écarte Jean-Pascal Debailleul : «La vérité, c'est que tout procède toujours du hasard, d'association d'idées, d'événements fortuits. Nous devons réapprendre à nous mouvoir comme dans les songes, en plein accord avec la prédisposition majeure qui est enfouie en nous».

N.G.



Le jeu de la voie des contes de Jean-Pascal Debailleul. Deuxième édition revue et augmentée. Préface d’A. Jodorowsky. Éditions Le Souffle d’Or. 36 Euros.
A lire aussi : Vivre la magie des contes, comment le merveilleux peut changer votre vie, Édouard Brasey et Jean-Pascal Debailleul, Albin Michel, 332 p., 20 Euros.