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jeudi 6 mars 2008

Les jalons spirituels de Bertrand Vergely

Propos recueillis par Olivier Gissey

Ses multiples livres et interventions font de Bertrand Vergely un des philosophes les plus en vue d’aujourd’hui. Et il nous importe ! Car nourri au meilleur de la pensée de l’Orient chrétien, un lait substantiel qui ressemble à du miel, Bertrand Vergely n’est donc pas un philosophe comme les autres. La densité de sa présence, sa puissance spirituelle, la fermeté de sa pensée, nous convoquent et appellent en nous l’Espérance. On ressent chez lui la nécessité du corps à corps avec la réalité et de ne pas tricher avec les idées. À 53 ans, Bertrand Vergely est loin de nous avoir tout dit et donné. Nous avons voulu en savoir plus sur son parcours intellectuel et spirituel et nous vous proposons quelques jalons glanés lors d’un entretien. Par ailleurs, pour éclairer sa lanterne, le lecteur trouvera à la fin de ce texte un petit mémento de tous les noms cités ainsi qu’un aperçu rédigé par Olivier Clément sur les grandes figures de l’orthodoxie qui ont vécu en France.


Bertrand Vergely : "Le silence de Dieu est un amour infini." (Photo : Louis Monier).


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La blessure au côté droit du Christ

Par Frédérick Tristan

La blessure au côté droit du Christ telle qu’elle est affirmée par la quasi-totalité des crucifix depuis l’apparition de sa représentation recèle en soi-même une énigme – et mieux : un mystère – que la plupart des observateurs ont semblé dédaigner. L’évangile de Jean qui nous rapporte le coup de lance dit : «l’un des soldats, de sa lance lui perça le côté et aussitôt il sortit du sang et de l’eau». (In. 19.34). Puis il ajoute : «celui qui a vu en rend témoignage, - un authentique témoignage, et celui-là sait qu’il dit vrai – pour que vous aussi vous croyiez». (In.19.35). Et certes, il n’est pas précisé que le coup de lance fut donné au cœur, mais au côté, et aucun des côtés n’est désigné. Toutefois la connotation fut toujours évidente, comme nous le verrons : c’est le cœur du Christ qui fut transpercé (ce qui donnera lieu, plus tard, au culte du Sacré-Cœur). Or, comme chacun sait, le cœur est à gauche. Pourquoi donc cette blessure au côté droit, si continûment, si généralement décrite par l’iconographie chrétienne ? C’est la question à laquelle nous allons tenter de répondre.


"C’est tout entier que je désire voir et toucher, plus encore m’approcher de la sacro-sainte blessure de son côté, de cette porte de l’arche faite au flanc, non pas seulement pour y mettre mon doigt ou ma main, mais pour entrer tout entier jusqu’au Cœur même de Jésus (Guillaume de Saint-Thierry)."


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