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samedi 5 avril 2008

Quelques observations astrologiques sur les mystiques

Par Yves Lenoble

Les mystiques au risque de l’astrologie ! Pas de panique, le propos d’Yves Lenoble, reconnu comme un des grands et «sérieux» astrologues français, ne se veut en rien réducteur ou définitif. Il nous livre simplement quelques observations qui intéresseront les férus d’astrologie et les curieux. Petite balade sous les étoiles en compagnie de personnalités fort diverses, en n’oubliant jamais que l’expérience mystique n’appartient qu’à ceux qui la vivent et que selon la célèbre formule, «les astres inclinent mais ne déterminent pas.»


Yves Lenoble.


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samedi 9 février 2008

Initiation et monde moderne

Par Mircea Eliade

L’histoire des religions comprend généralement par initiation un ensemble de rites et d’enseignements oraux au moyen desquels on obtient une modification radicale du statut religieux et social du sujet à initier. Philosophiquement parlant, l’initiation équivaut à une mutation ontologique du régime existentiel. A la fin de ses épreuves, le néophyte jouit de toute autre existence qu’avant l’initiation, il est devenu un autre. Je vous rappelle qu’on distingue trois grandes catégories ou types d’initiation.


"Entre toutes les catégories d'initiations il existe une sorte de solidarité structurelle qui fait que, vues d'une certaine perspective, toutes les initiations se ressemblent. En effet, toute initiation comporte, d'une part, des épreuves rituelles interprétées comme la «mort» et la «résurrection» — ou la «re-naissance» — du néophyte ; et d'autre part, un enseignement secret, ésotérique, qui accompagne et explicite ce passage à une nouvelle modalité d'existence".


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vendredi 8 février 2008

Ésotérisme chrétien ou christianisme ésotérique ?

Par Jérôme Rousse-Lacordaire (O.P.)

Le Père dominicain Jérôme Rousse-Lacordaire, directeur de la Bibliothèque du Saulchoir à Paris, est théologien, historien des religions et spécialement de l’ésotérisme depuis la Renaissance. Il vient de publier L’Ésotérisme chrétien. Sur ce thème, il nous avait accordé un entretien et le 25 octobre dernier, SymbOle l’avait accueilli pour une conférence. Notre rédacteur en chef, Jean-Marie Beaume, l’avait alors présenté en ces termes : «Dans d’autres traditions (le judaïsme, l’islam…) l’ésotérisme, s’il peut soulever des débats, n’est pas nié en tant que tel. Il y a un enseignement «extérieur» et un autre, plus «intérieur», nécessairement «réservé»… Vous affirmez que l’ésotérisme peut être conçu comme la dimension la plus intérieure du christianisme et nous pouvons citer Frère Élie Lemoine, pour qui l’Esprit Saint est le «lieu métaphysique» du passage entre l’exotérisme et l’ésotérisme. L’ésotérisme pourrait donc être compris comme cette dimension et ce processus d’intériorisation croissante de la Parole de Dieu adressée à tous… Vous montrez dans votre livre comment et pourquoi il a subi un lent processus «d’expatriation» du sein même de l’Église, d‘oubli, de dénaturation aussi, au point qu’on le confond parfois encore aujourd’hui, de bonne ou de mauvaise foi, avec ses contrefaçons les plus grossières dont certaines, comme l’occultisme, relèvent proprement de la contre-initiation… Pourtant, il me semble, qu’on redécouvre cette troisième dimension, spirituelle, comme essentielle, non seulement à la compréhension de l’homme mais à l’homme lui-même puisque c’est l’éveil à cette dimension, précisément, qui conditionne son destin posthume.» Et Jean-Marie Beaume de conclure en citant ce passage de l’Évangile de Jean où Saint Pierre dialogue avec le Christ qui vient de l’instituer chef de l’Église, et, désignant le disciple que Jésus aimait interroge : «Et pour lui qu’en sera t-il ?» - «Si je veux que celui-ci demeure jusqu’à ce que je revienne, répond le Christ, que t’importe ?» O.G


"Si l’ésotérisme chrétien est bien la face intérieure de la tradition chrétienne, il ne constitue donc pas une appartenance séparée de l’appartenance proprement confessionnelle et religieuse : l’une et l’autre traduisent, certes différemment, une unique appartenance au Christ et à son Église".


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jeudi 25 octobre 2007

L’origine de la Toussaint et de la fête des morts

par Jacques de Voragines

Jacques de Voragines, archevêque de Gênes, fut l’auteur, au XIIIe siècle, de la fameuse Légende dorée (Legenda aurea) qui raconte la vie des saints illustres en mettant l’accent sur leurs miracles et la surabondance de la grâce surnaturelle — ce qui confère à la Légende dorée une aura de «merveilleux» que les esprits forts ont beau jeu de taxer de «naïveté», comme pour mieux souligner le peu de crédibilité historique qu’on peut accorder à ces biographies des saints réputées «enjolivées» pour l’édification des fidèles. Dans cet extrait, Jacques de Voragines y évoque l’origine de la fête de la Toussaint, le 1er Novembre, et celle de la fête des morts le 2 Novembre.


"Pierre Damien raconte aussi que saint Odilon, abbé de Cluny, décida que, dans les monastères de son ordre, la fête de la Toussaint serait suivie de la commémoration des âmes défuntes ; et cette décision fut ensuite approuvée par l’Église entière".


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mercredi 24 octobre 2007

À propos de la grande fête automnale

par Pierre Gordon

L’œuvre de Pierre Gordon (1886-1951) «à la fois “père de l’Initiatisme” et l’un des grands précurseurs de l’unité des religions, dont il a montré qu’elles trouvent toutes leur source dans le grand rite initial de Mort et de Renaissance» (Ange Duino) apparaît, aujourd’hui encore, comme l’une des plus injustement méconnues. Sur la cinquantaine d’ouvrages dont il est l’auteur, 25 seulement sont arrivés jusqu’à nous — et il faut saluer les efforts des éditeurs Arma Artis et Signatura qui ont édité ou réédité, depuis quelques années, près d’une quinzaine de titres (1). Les deux textes que nous présentons ici sont extraits des chapitres IV, VI et VII de l’ouvrage Les fêtes à travers les ages – Leur unité. Les origines du calendrier, de Pierre Gordon (2). Nous adressons nos très vifs remerciements à Mme Tapié de Celeyran, directrice des éditions Signatura, qui a bien voulu nous autoriser à citer longuement, ici, cet ouvrage.


"Le soleil s’intégrait dans le rituel de mort et de résurrection, puisqu’il mourait chaque soir, dévoré par le monde souterrain, et que, après avoir reçu dans l’océan occidental le baptême de l’eau divine, il renaissait le lendemain pour promener sur la tête des hommes l’ostensoir sacrosaint du mana impérissable".


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mardi 23 octobre 2007

Les états posthumes chez les indiens d’Amérique

par Jean-Louis Grison

Tout en ayant leur symbolisme propre, la conception des états posthume des Aztèques, des Mayas ou des Incas, notamment en ce qui concerne la description de ces états («paradisiaques» ou «infernaux») apparaît très proche de celle des croyances sur la vie future exprimées par religions monothéistes, et singulièrement le Christianisme. Toutefois, plus qu’une simple «influence» — fort hypothétique dès lors qu’on sait que «les diverses expressions doctrinales (…) possèdent leur réalité et leur vitalité propres, tout en découlant de la Tradition primordiale» — Jean-Louis Grison aperçoit dans ces descriptions des divers états posthumes chez les Indiens d’Amérique, une proximité avec «celles que l’on rencontre parmi les traditions ésotériques de l’Occident, et en particulier, de celles que contiennent l’Énéide et la Divine Comédie. Il conviendrait donc d’y voir «au-delà des données proprement religieuses, une allusion assez claire au processus initiatique, et aux divers états par lesquels passe l’être au cours de sa réalisation spirituelle.»


"La «Maison du Soleil», Toniatu-Hichan, ou Paradis Est du Soleil, était le séjour des victimes offertes en sacrifice, et des soldats tués au combat. On disait qu’à l’aube, les âmes des guerriers devaient aller à la rencontre du soleil, et l’escorter de l’horizon oriental jusqu’au zénith."


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mercredi 5 septembre 2007

La Vierge et Saint-Michel dans la mystique judéo-chrétienne (II)

par Jean Tourniac

Auteur de nombreux ouvrages et articles (1), Jean Tourniac (1911-1995) a consacré plusieurs études et tout un livre (Sommes-nous des Judéo-Chrétiens ?, 1988) au Judéo-Christianisme — conçu, au-delà des ambiguïtés de la notion, non comme la simple “continuation” du Judaïsme ou au contraire son “abolition” (cf. les velléités d’opposer la “loi de vengeance et de rigueur” de l’Ancien Testament à la “loi d’Amour” du second), mais comme l’accomplissement authentique du Judaïsme (et non son abolition) en et par Jésus Christ. Cette tentative à la fois modeste et profondément traditionnelle de «jeter un regard serein sur l’unité des deux Testaments dans un esprit d’amour» révèle toute sa fécondité dans ce texte consacré à la Vierge et à l’archange Saint Michel. Jean Tourniac s’attache principalement à la figure de la Shekinah, aux rapports qui existent entre elle, Saint Michel, l’Ange de la Face et le Nom Schaddaï (le Tout Puissant) — mais aussi avec l’image de la «femme vêtue de soleil, la tête couronnée d’étoiles et la lune sous ses pieds» — dans la ligne du symbolisme traditionnel exposé par René Guénon. Nous publions ici la deuxième et dernière partie de cette étude (2).


"Mais qui est donc cette femme qui parait soudain comme l’aurore ? Belle comme la lune, radieuse comme le soleil, Redoutable comme une armée rangée en bataille ?" (Cantique IV, 4).


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jeudi 12 juillet 2007

Ontologie du combat spirituel : la garde angélique

par Jean-Michel Latour

Dans un livre récent, Des anges et des hommes, Catherine Chalier s’interroge, sur les anges — sur la pluralité des sens et des niveaux que les commentateurs, ou les philosophes, ont pu dégager sur ce sujet en s’appuyant sur la Thorah. Dans ce foisonnement, qui confine à la luxuriance, chacun d’entre nous est invité à relier sa propre vie, aussi misérable soit-elle, à l’étincelle lumineuse dont tous ces anges sont porteurs ; quitte pour cela à payer le prix fort d’un combat personnel avec l’ange de la mort, combat dont il faudra vraiment attendre la fin de la nuit pour connaître l’issue.


"Il nous faut reconnaître l’action de l’ange divin, méditer l'ange".


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mercredi 11 juillet 2007

Les anges dans la tradition d’Israël

par T. Basilide

La tradition d’Israël (1) donne une classification générale des créatures, que l’on peut résumer ainsi* : au sommet de toutes les hiérarchies des êtres est le Prince du Monde, l’Ange de la Couronne ; puis les deux anges jumeaux, anges de la Sapience et de l’Intelligence ; puis les sept grands anges qui se tiennent toujours devant la Face de Dieu, et les douze anges gouvernant les 12 tribus d’Israël. Les Quatre Vivants animent tous les êtres de ce monde et des autres. Au-dessous d’eux, les 72 anges gouvernent les 72 constellations et les 72 peuples issus de Noé. Puis les anges des Sept cieux et ceux du Zodiaque. Ensuite, ceux du monde sublimaire, esprits protecteurs des êtres du monde que nous habitons. Au-dessous de tous ces êtres viennent les hiérarchies démoniaques, analogues et inverses des hiérarchies angéliques.


"Les anges sont proprement les habitants des sphères célestes, par delà lesquelles il y a les «Cieux des Cieux» peuplés aussi d’habitants sans formes".


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La Vierge et l'archange Saint-Michel dans la mystique judéo-chrétienne (I)

par Jean Tourniac

Auteur de nombreux ouvrages et articles (1), Jean Tourniac (+ 1995) a consacré plusieurs études et tout un livre (Sommes-nous des Judéo-Chrétiens ?, 1988) au Judéo-Christianisme — conçu, au-delà des ambiguïtés de la notion, non comme la simple “continuation” du Judaïsme ou au contraire son “abolition” (cf. les velléités d’opposer la “loi de vengeance et de rigueur” de l’Ancien Testament à la “loi d’Amour” du second), mais comme l’accomplissement authentique du Judaïsme (et non son abolition) en et par Jésus Christ. Cette tentative à la fois modeste et profondément traditionnelle de «jeter un regard serein sur l’unité des deux Testaments dans un esprit d’amour» révèle toute sa fécondité dans ce texte* consacré à la Vierge et à l’archange Saint Michel. Dans la première partie de cette étude, Jean Tourniac s’attache principalement à la figure de la Shekinah, aux rapports qui existent entre elle, Saint Michel, l’Ange de la Face et le Nom Schaddaï (le Tout Puissant) — mais aussi avec l’image de la «femme vêtue de soleil, la tête couronnée d’étoiles et la lune sous ses pieds». Dans la ligne du symbolisme traditionnel exposé par René Guénon, il montre toute la richesse de sens de cette image : «d’une part, l’axe vertical qui va de Terre au Ciel empyrée, en passant par l’accomplissement des “petits mystères” avec le franchissement lunaire en bas et par la réalisation des “grands mystères” en haut, dans le char solaire — et (…) d’autre part, la graduation polaire des états supérieurs de l’être, ce qui, métaphysiquement, s’entend du franchissement des chœurs angéliques par l’âme virginale.»


"Alors que Gabriel est l’archange ou l’ange de l’Annonciation et celui des Nations, Michel protège Israël et le Royaume de France".


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