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mardi 5 juin 2007

Pour une Gnose de l'Incarnation (II)

par Franck Viellart

Franck Viellart est né au ciel le 25 février 2003 : il était âgé de 39 ans. Après des études en Classes préparatoires Littéraires au Lycée Chaptal, il avait mené de front des études de Lettres modernes (une Maîtrise sur Délie de Maurice Scève (1985) ; un DEA sur l’Art poétique de Paul Claudel) et de philosophie (Licence) à l’Université de Paris X Nanterre (1986). Muni d’un CAPES de Lettres, il était parti, à l’automne 1988, enseigner comme coopérant à Istanbul : il y avait découvert avec fascination l’Islam et, plus avant, le soufisme, puis était rentré à Paris en 1990, où il devait enseigner en collège. Son activité principale, cependant, est alors poétique : il publie Prime Donne dès 1983, Tipheret (les corps glorieux) en 1989 et Malcouth (l’ange de l’abîme) en 1992, tous trois aux éditions Caractères dirigées par B. Durocher, tandis que Visage, source scellée sort en 1989 aux éditions Saint Germain des Prés. Quelques articles philosophiques paraissent parallèlement dans des revues, où il explore les possibilités d’une métaphysique entée sur l’expérience de la transcendance dans les monothéismes et dans la tradition orientale de l’Hindouisme : c’est la présentation de La structure absolue de R. Abellio dans le Dictionnaire philosophique des P.U.F. (Les Œuvres, 1990) ; c’est «Phénoménologie et pensée de la non-dualité» dans Philosophische Grundlagen der Interkulturalität (éds. R.A. Mall et D. Lohmar, Amsterdam, Rodopi, 1994) ; c’est, enfin, «Pour une gnose de l’Incarnation», issu des Actes du Colloque La gnose, une question philosophique. Pour une phénoménologie de l’invisible (octobre 1997, Univ. de Paris IV Sorbonne), édités aux éditions du Cerf* par N. Depraz et J.-F. Marquet. C’est ce dernier article, dont voici la deuxième partie, qui est ici publié.

Natalie Depraz




Franck Viellart (1964-2003)


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dimanche 6 mai 2007

Jan van Ruysbroeck : Le Miroir du Salut éternel


Maître spirituel incontesté, le Bienheureux Jan van Ruysbroeck (1293-1381) éclaire de son œuvre féconde la mystique médiévale. Se faisant écho en pays brabançon de la pensée de Maître Eckart, il donnera tour à tour à la Flandre les fondements de sa langue par la ciselure toute littéraire de ses écrits – et en particulier son chef-d’œuvre avec L’Ornement des noces spirituelles – mais aussi les fondements de sa mystique dont les surgeons susciteront avec Geert Grote ou Thomas a Kempis la grande réaction de la Devotio moderna. Une dernière et sublime efflorescence qui fut tout à la fois l’âge d’or des béguinages et le dernier éclat d’un Moyen Âge à l’agonie. Dominée comme celle du maître thuringien par une rédaction en langue vulgaire, son œuvre se partage entre une intense production théologique, toute «pratique» car marquée par la « Vie commune », et une prédication qui feront de cet homme «simple en esprit» une des lumières spirituelles de son temps, béatifié en 1908 par le pape Pie X. Ainsi, en ce dernier printemps de la foi, l’immense figure de l’ermite de Groenendal célèbre - comme avant lui saint Bernard – ces noces spirituelles de l’âme et de Dieu qui annonce – ou plutôt «incarne» en un mode subtil - celles tout aussi spirituelles et «chymiques», un siècle plus tard, de Christian Rosenkreutz. D’une Reformatio l’autre…

Jean Gouliard




Jan van Ruysbroeck (1293-1381)


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Pour une Gnose de l’Incarnation (I)

par Franck Viellart

Franck Viellart est né au ciel le 25 février 2003 : il était âgé de 39 ans. Après des études en Classes préparatoires Littéraires au Lycée Chaptal, il avait mené de front des études de Lettres modernes (une Maîtrise sur Délie de Maurice Scève (1985) ; un DEA sur l’Art poétique de Paul Claudel) et de philosophie (Licence) à l’Université de Paris X Nanterre (1986). Muni d’un CAPES de Lettres, il était parti, à l’automne 1988, enseigner comme coopérant à Istanbul : il y avait découvert avec fascination l’Islam et, plus avant, le soufisme, puis était rentré à Paris en 1990, où il devait enseigner en collège. Son activité principale, cependant, est alors poétique : il publie Prime Donne dès 1983, Tipheret (les corps glorieux) en 1989 et Malcouth (l’ange de l’abîme) en 1992, tous trois aux éditions Caractères dirigées par B. Durocher, tandis que Visage, source scellée sort en 1989 aux éditions Saint Germain des Prés. Quelques articles philosophiques paraissent parallèlement dans des revues, où il explore les possibilités d’une métaphysique entée sur l’expérience de la transcendance dans les monothéismes et dans la tradition orientale de l’Hindouisme : c’est la présentation de La structure absolue de R. Abellio dans le Dictionnaire philosophique des P.U.F. (Les Œuvres, 1990) ; c’est «Phénoménologie et pensée de la non-dualité» dans Philosophische Grundlagen der Interkulturalität (éds. R.A. Mall et D. Lohmar, Amsterdam, Rodopi, 1994) ; c’est, enfin, «Pour une gnose de l’Incarnation», issu des Actes du Colloque La gnose, une question philosophique. Pour une phénoménologie de l’invisible (octobre 1997, Univ. de Paris IV Sorbonne), édités aux éditions du Cerf* par N. Depraz et J.-F. Marquet. C’est ce dernier article qui est ici publié**.

Natalie Depraz




Franck Viellart (1964-2003)


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vendredi 30 mars 2007

La réincarnation : une impossibilité métaphysique

par Whitall N. Perry

Ce texte, dont nous ne publions ici que les principaux extraits, est paru en 1966 dans les Études Traditionnelles sous le titre «La réincarnation, faits et fantaisies». L’auteur y rappelle, dans une partie introductive, que la théorie de la “réincarnation” a émergé de nouveau au cours du XIXe siècle en séduisant «certaines âmes, plus fortes de sentiment que de théologie». A travers la traduction de textes orientaux — dont on n’a pas toujours compris le caractère symbolique de certaines expressions —, on a cru cette théorie corroborée par l’Hindouisme ou le Bouddhisme. Elle permet à certains de trouver «une assurance réconfortante dans la perspective de vies successives sur la terre », tandis que d’autres éprouvent «une satisfaction historique plus concrète dans la “contemplation” de leurs existences antérieures en tant qu’Ashoka, Alexandre le Grand, Catherine de Médicis ou Jeremy Bentham…». Mais la réincarnation, souligne W.N. Perry, témoigne avant tout d’une incompréhension des doctrines de la transmigration et de la métempsychose — et demeure, comme l’affirment toutes les doctrines authentiquement traditionnelles, une impossibilité métaphysique.


La Pesée des âmes. Papyrus d'Ani.


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«Tu es Cela»

par Ananda K. Coomaraswamy

Né à Ceylan en 1877, mort en 1947, Ananda K. Coomaraswamy dirigea la section d’art indien du musée de Boston. Érudit, spécialiste de l’art traditionnel, il fut aussi un homme de vaste culture philosophique et religieuse et l’un des correspondants majeurs de René Guénon, dont il partageait les perspectives métaphysiques, la critique de la modernité et les orientations doctrinales traditionnelles. Collaborateurs des Études Traditionnelles, c’est dans cette revue que parut en 1947, au moment de sa disparition, ce texte intitulé «Gradation, évolution et réincarnation » (1). Nous ne retenons ici que les passages concernant cette dernière question, dans lesquels il explique pourquoi la “réincarnation” — telle qu’elle est aujourd’hui communément comprise comme étant «le retour d’âmes individuelles en d'autres corps ici-bas —, sur la Terre» ne constitue pas une doctrine orthodoxe. On ne saurait trop recommander au lecteur de se reporter, sur ce sujet et quelques autres, à trois livres majeurs d’Ananda K. Commaraswamy : Hindouisme et bouddhisme (Gallimard, Idées Poche), La doctrine du sacrifice (Dervy) et La signification de la mort (Archè).

Ananda K. Coomaraswamy (1877-1947)


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Résurrection et maternité virginale

par Jean Tourniac

Publié par Jean Tourniac en 1984, Vie posthume et résurrection, livre aujourd’hui pratiquement introuvable*, est une enquête minutieuse sur les états posthumes dans les différentes traditions, du Vêdânta (à travers la «somme» guénonienne) au christianisme, en passant par l’ésotérisme hébraïque. Rappelant que «Jésus s’est fait Juif et non pas Grec», et que la doctrine judéo-chrétienne de la résurrection n’est pas réductible à la conception de «l’immortalité de l’âme» de la philosohphie grecque, l’auteur montre en particulier, telles qu’elles ressortent de l’exégèse biblique, à la fois la conformité des perspectives judéo-chrétiennes avec les données métaphysiques universelles (la triplicité Corps, Âme, Esprit ; la doctrine des « états multiples de l’être »…) et la spécificité du destin posthume du chrétien. Unissant en lui les deux alliances, c’est la «résurrection de la chair» dans l’éternité du «corps glorieux», qui est promise au disciple du Christ. Une promesse qui lui offre la “chance” de «conserver» et de «perfectionner» son individualité spirituelle et animique post mortem, jusqu’au «Jugement» final — sans exclure la possibilité de la réalisation spirituelle “immédiate” par l’ascension des «états multiples de l’être». La spécificité de ce destin posthume est éclairée par certaines notions clefs de la tradition hébraïque, des «enveloppes» animiques à «l’os de la résurrection» et au «germe d’incorruptibilité enfoui dans “l’amande” virginale». D’où, en climat chrétien, l’importance primordiale du rôle de la Vierge Marie — de la “parturition virginale” —, dans les états posthumes. Nous publions ci-dessous l’un des principaux extraits de cette étude, qui constitue le dernier chapitre du livre de J. Tourniac.


"Je suis qui je suis" (Exode, I, 3-13)


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Beauté et Vérité : le monde de l’Icône

par René Haudoix

Si l’icône (1), en tant que modèle expressif de la spécificité de l’Église chrétienne d’Orient, connaît aujourd’hui un véritable engouement sous nos longitudes occidentales, cette situation n’est pourtant pas exclusive d’incompréhensions — à l’occasion profondes —, de ce dont il s’agit, au profit d’un sentimentalisme mal contrôlé ou, pire encore ! d’un esthétisme très caractéristique de la mentalité occidentale moderne et de son approche de l’art. Ce n’est pas, bien sûr, qu’il soit “interdit” d’éprouver quelque émotion devant telle Theotokos "montrant le chemin" — ou mieux, "de tendresse" —, ni qu’on ne puisse goûter la séduction subtile des douces tonalités chromatiques de la Trinité-Philoxénie d’Abraham de Roublev ; simplement le centre des choses n’est pas là…


Le mandylion, image de la Sainte Face.


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mercredi 3 janvier 2007

Maître Eckhart

«Ave gratia plena»
Sermon 22


Principal représentant de la mystique rhénane, le maître thuringien (1260-1328) demeure l’une des lumières de la pensée médiévale. Dominicain, maître en théologie de l’université de Paris en 1302, Maître Eckhart est l’auteur d’une œuvre latine dans l’esprit des grandes sommes scolastiques de son temps.
Mais c’est essentiellement son œuvre de prédicateur et de directeur spirituel, qu’il exerça entre Strasbourg et Cologne auprès de nombreuses communautés religieuses — dont beaucoup de béguines —, qui nous laisse l’image la plus imposante du vaste édifice spirituel qu’il bâtit à l’orée des temps modernes. Prononcés en allemand — langue vulgaire et chose hardie pour l’époque ! —, ces dizaines de sermons lui vaudront en 1329 la condamnation posthume de dix sept de ses “propositions” par le pape Jean XXII. Ce sermon 22, vraisemblablement prononcé au couvent cistercien de Mariengarten de Cologne, constitue une pierre d’angle de son œuvre, tant par son extrême densité que par sa synthèse magistrale de plusieurs thèmes structurants de sa pensée, comme les notions de «Déité», du «Néant» ou encore de l’âme créée par Dieu pour être la « Fiancée » de son Fils unique. Toutes notions qui seront reprises et développées à la génération suivante par les mystiques flamands qui — tels Johannes Tauler, Ruysbroeck ou Geert Grote, à l’origine de la Devotio moderna — auront à cœur de renouer avec un christianisme originel et de profonde intensité.

Jean Gouliard



in principio
« In principio, cela signifie en français un point de départ de tout être, comme je l’ai dit à l’Ecole ; je dis encore plus : c’est une fin de tout être, car le premier commencement est en vue de la fin ultime »

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mardi 2 janvier 2007

L’icône de la Nativité

par Jean Hani

Jean Hani analyse dans ce texte le riche symbolisme de l’Icône de la Nativité. D’abord publiée dans une revue, cette remlarquable étude a été ensuite intégrée à l’un de ses ouvrages, publié en 1993 aux éditions Guy Trédaniel*, Mythes, Rites & Symboles, sous titré “Les Chemins de l’invisible” — qui rassemble une vingtaine d’articles et de textes « rédigés en ordre dispersé » mais qui procèdent d’une « même pensée » en quête de « l’invisible » et des seuls « instruments dont l’homme dispose pour cette quête » : le symbole, le mythe et le rite.

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